Le projet Dragonfly, le moteur de recherche controversé de Google pour le marché chinois, « a été abandonné »,
Selon un représentant de l'entreprise

Le , par Stan Adkens

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Google est définitivement sorti du marché de la recherche en ligne en Chine. Un dirigeant de l’entreprise a témoigné mardi devant un panel du Sénat que le géant de la recherche a abandonné tous les travaux relatifs à son projet controversé de moteur recherche censuré pour la Chine. Ce n’est pas la première fois que Google a dit qu’il ne travaille plus sur ce projet. En décembre dernier, il a déclaré devant un panel du Congrès américain que l’entreprise n'avait pas l'intention de relancer un moteur de recherche en Chine, mais des rumeurs selon lesquelles il demeurait actif ont persisté. Cependant, cette fois-ci, c’est vraiment « terminé » même si le représentant de Google n'a pas explicitement exclu de travailler sur des outils censurés pour le gouvernement chinois à l'avenir.

En effet, lors d'une audition de la commission judiciaire du Sénat mardi, Karan Bhatia, qui dirige actuellement la politique publique mondiale et les relations gouvernementales chez Google, a déclaré que l'effort très critiqué du géant de la technologie pour lancer un moteur de recherche en Chine avait été abandonné, a rapporté BBC News.


« Nous avons mis fin au projet Dragonfly », a déclaré M. Bhatia au sujet du moteur de recherche controversé pour le marché chinois sur lequel Google aurait travaillé en douce jusqu’à ce qu’il soit dévoilé l'année dernière. Le représentant de Google répondait à une série de questions du sénateur républicain Josh Hawley au sujet des affaires de Google avec la Chine. « Je suis ravi de voir que c'est annulé », s’est réjoui le sénateur en entendant la réponse du dirigeant de Google.

Selon BuzzFeed News, la déclaration de M. Bhatia devant la commission judiciaire du Sénat le mardi est la première mention publique et la plus claire de Google à ce jour, à savoir que l'entreprise ne construira pas un moteur de recherche censuré en Chine. Toutefois, Google a insisté auprès de BuzzFeed sur le fait que le témoignage de mardi du représentant de la firme n'était pas un fait nouveau. L'entreprise a fait référence à une déclaration du mois de mars lorsqu’un porte-parole de l’entreprise a dit : « Comme nous l'avons dit depuis de nombreux mois, nous n'avons pas l'intention de lancer Search en Chine et aucun travail n'est en cours sur un tel projet. Les membres de l'équipe sont passés à de nouveaux projets ».

Lorsque BuzzFeed a demandé à un porte-parole si « terminé » signifiait que Google ne lancerait pas une application de recherche censurée en Chine à l'avenir, il s’est contenté de répondre : « Nous n'avons pas l'intention de lancer Search en Chine et aucun travail n'est entrepris sur un tel projet ».

La plupart des employés de Google ont pris connaissance de l’existence du projet secret de Google en Chine en même temps que le grand public lorsque le journal d’investigation The Intercept a divulgué l’année dernière un rapport sur le programme de navigateur fait sur mesure pour le gouvernement chinois.

De la divulgation du prrogramme du moteur de recherche censuré Dragonfly à son abandon par Google

Le projet secret a été révélé pour la première fois par The Intercept en août 2018, après que Google ait été absent pendant plusieurs années sur le marché chinois de la recherche en ligne. Pour rappel, le géant de la recherche a fait un recule majeur de la Chine en 2010 quand il a retiré son moteur de recherche du marché en signe de protestation contre les efforts du gouvernement pour censurer le contenu et les tentatives de piratage des comptes e-mail des militants des droits humains.

Le 1er août 2018, The Intercept a divulgué pour la première fois l’information selon laquelle Google prévoyait de déployer une version censurée de son moteur de recherche en Chine qui va bloquer des sites Web ainsi que certains termes de recherche sur les droits de l'homme, la démocratie, la religion, les manifestations pacifiques et bien d’autres. Le quotidien a cité à l’époque comme sources des documents internes de Google dont il disposait suite à une fuite et des personnes familières avec cette initiative.


Le nouveau moteur de recherche qui aurait d'abord été proposé sous la forme d'une application Android, reliait également les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Des sources proches de Dragonfly avaient également confié au quotidien à l’époque que les autorités chinoises désiraient que la plateforme de recherche remplace les données sur la pollution atmosphérique et la météo par des informations fournies directement par une source anonyme à Pékin.

Suite à cette fuite d’information, les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes était que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourraient être accessibles aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.

Les employés de Google, à travers diverses formes de protestations, étaient aussi montés au créneau pour dénoncer le projet. Google a également été interpellé par le vice-président américain, Mike Pence, qui a exhorté l'entreprise à renoncer sans attendre à poursuivre la mise en œuvre de Dragonfly.

Mais malgré ces protestations, le PDG de Google a exprimé son enthousiasme face aux progrès réalisés dans la mise au point de son prototype de moteur de recherche pour la Chine. Les tests internes de Google pour le développement d’un moteur de recherche censuré en Chine sont très prometteurs, avait déclaré Sundar Pichai, assurant « Qu’il s'avère que nous serons en mesure de traiter plus de 99% des requêtes ».

Bien que le concept d'un moteur de recherche chinois censuré soit controversé aux États-Unis, il représente également une grande opportunité commerciale pour Google. La Chine a la plus grande population du monde et sa deuxième économie, avec des centaines de millions d'utilisateurs actifs d'Internet.

Mais face à la pression des employés et des groupes de défense des droits de l’homme, Sundar Pichai a déclaré le 11 décembre à un panel du Congrès américain que Google n'avait pas l'intention de relancer un moteur de recherche en Chine, bien qu'il continuait d'étudier cette idée. Mais d'après un rapport de The Intercept publié dans le même mois, citant deux sources anonymes, Google aurait fini par avorter son projet.

Cependant, Google a été toujours soupçonné de continuer à travailler sur ce projet. En mars, The Intercept a rapporté qu'un groupe d'employés de la société auraient découvert les preuves que la société continuait à travailler sur le programme. Mais le dernier message de renonciation du mardi semble avoir convaincu tous les esprits, même si de nombreux googlers se méfient de la possibilité que l'entreprise continue à faire de la recherche et développement secrète sur le projet. Une avocate a écrit dans un tweet que la bonne question à poser à Google c’est « où est passé le personnel après l'annulation... ».


Source : BBC News

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