IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Un incendie pourrait coûter 105 millions d'euros à OVHcloud
Selon les documents relatifs à l'introduction en bourse

Le , par Bill Fassinou

65PARTAGES

7  0 
OVHcloud, premier fournisseur européen de services cloud, poursuit actuellement son processus d'introduction en bourse (IPO) sur Euronext Paris. La société a reçu le feu vert de l’Autorité française des marchés financiers (AMF) sur son document d’enregistrement le 17 septembre 2021. Ainsi, OVHcloud espère pouvoir augmenter son capital de 400 millions d'euros et devenir une alternative européenne sérieuse aux GAFAM. Mais l'examen des documents relatifs à l'IPO a révélé qu'un incendie pourrait coûter jusqu'à 105 millions d'euros à l'entreprise, soit une estimation du coût financier de la catastrophe de mars.

OVHcloud a payé très cher la catastrophe de Strasbourg

OVHcloud a subi de graves dommages matériels et financiers lorsque ces centres de données strasbourgeois ont été frappés par un incendie dans la nuit 9 au 10 mars 2021. Pendant toute la période couverte par la gestion de la crise, le leader européen de l'informatique en nuage a communiqué régulièrement sur les dégâts, les actions entreprises pour la remise en service des centres de données et les plans pour restaurer les sauvegardes à sa disposition, mais très peu, voire jamais, sur l'aspect financier, notamment le coût des réparations. Il a fallu attendre son IPO pour se faire une idée de ce que cette catastrophe lui aurait coûté.


OVHcloud Strasbourg dans la nuit du 9 au 10 mars 2021

En effet, OVHcloud, basé à Roubaix, a déposé ce mois-ci un document de transparence auprès de l'Autorité française de régulation des marchés boursiers, qui révèle le coût direct de l'incendie pour l'activité de la société d'informatique en nuage - même si l'atteinte à la réputation pourrait ajouter beaucoup à ce coût. Selon le document, l'incendie pourrait avoir coûté plus de 105 millions d'euros (environ 122 millions de dollars) à l'opérateur français. Cependant, l'entreprise a précisé dans le document qu'une partie de ce coût est un fonds d'urgence, et une grande partie des dépenses réelles de l'incendie a été couverte par l'assurance.

Le chiffre global de 105 millions d'euros comprend certains éléments tels que les réclamations potentielles des clients pour les dommages résultant de l'incendie. Une source ayant connaissance de l'affaire a déclaré à DatacenterDynamics, une entreprise qui suit la croissance de l'industrie des centres de données, qu'OVHcloud n'a prévu que 61 millions d'euros, et 58 millions d'euros de ce montant ont déjà été couverts par l'assurance d'OVHcloud. Notons que l'incendie survenu en mars sur le campus d'OVHcloud à Strasbourg a détruit son centre de données SBG2 et mis hors service trois autres bâtiments, dont un de façon permanente.

L'incendie de Strasbourg est un événement exceptionnel, qui a touché quelque 65 000 clients de l'entreprise, dont beaucoup ont perdu des données et des activités. Il pourrait nuire aux perspectives d'introduction en bourse - bien qu'OVHcloud ait déclaré qu'il travaillait toujours avec les assureurs et d'autres autorités, et qu'il ne pourrait pas révéler l'histoire complète de la cause de l'incendie avant 2022, après que l'introduction en bourse ait eu lieu. Les rapports initiaux ont suggéré que le feu pourrait avoir commencé dans les systèmes UPS. Le document de transparence était en fait une exigence dans le cadre de l'IPO.

Ce document de 300 pages donne quelques détails sur l'incendie, ainsi que sur les coûts financiers directs qu'il a causés, en réduisant les revenus des clients affectés et en augmentant les dépenses de la société pour faire face aux conséquences. Le document détaille les événements de la nuit du 9 au 10 mars, en commençant par la section 4.3 à la page 18. « Une expertise médico-légale est en cours pour déterminer la cause de l'incendie. Sur la base des informations actuellement disponibles, il semble que l'incendie ait débuté dans une salle d'énergie abritant des équipements électriques », explique OVHcloud dans le document.

L'IPO pourrait avoir une tournure différente de celle prévue

Le détail de l'impact financier révèle qu'OVHcloud a subi un manque à gagner de 2,9 millions d'euros (3,4 millions de dollars) en termes de revenus, et a dû fournir 5,2 millions d'euros (6,1 millions de dollars) de crédit pour compenser les clients pour les services facturés qui n'ont pas été livrés, selon un résumé dans L'Usine Nouvelle. OVHcloud a également émis 28,3 millions d'euros (33 millions de dollars) de bons d'achat, dont 20,5 millions d'euros (24 millions de dollars) ont été encaissés avant la clôture de l'exercice de la société, le 31 août 2021. Dans le même temps, OVHcloud a également eu des dépenses très importantes.

Il a dû dépenser 15,8 millions d'euros (18,4 millions de dollars) pour mettre au rebut des serveurs endommagés par le feu, puis 18,4 millions d'euros (21,4 millions de dollars) pour les remplacer par de nouveaux serveurs fabriqués à la hâte dans son usine de Croix. L'incendie a également entraîné des "charges exceptionnelles" de 39,2 millions d'euros (45,6 millions de dollars), dont 32,3 millions d'euros (37,6 millions de dollars) pour des expertises, des procédures et d'éventuelles actions en responsabilité. Des clients, mécontents d'avoir subi une coupure de service, voire une perte de données, se sont retournés contre OVHcloud.

Les analystes notent tout de même que l'issue d'un éventuel procès en dommages et intérêts est "incertaine" : de nombreux clients n'ont pas souscrit aux options de sauvegarde et de redondance des données d'OVHcloud, et n'ont pas compris le risque qu'ils prenaient. Des sources chez OVHcloud ont déclaré à DatacenterDynamics que le niveau de désabonnement est maintenant revenu à la normale, avec un niveau élevé de bonne volonté résultant de sa transparence. En revanche, un autre coût pour OVHcloud a été un investissement de 10 à 12 millions d'euros pour des réparations complètes et le déploiement d'un plan d'"hyper-résilience".

Tout ceci explique pourquoi le coût total direct de l'incendie pourrait s'élever à 105 millions d'euros. Comme mentionné plus haut, sur ce montant, 58 millions d'euros ont déjà été couverts par les assurances tandis qu'une grande partie est constituée de fonds de prévoyance pour d'éventuels versements futurs. Cela dit, cette somme est importante par rapport au chiffre d'affaires annuel d'OVHcloud, qui s'élèvera à 632 millions d'euros en 2020. Par ailleurs, la société a admis que le coût direct sera plus important que cela, car elle perd des clients mécontents et n'en gagne pas de nouveaux aussi rapidement qu'elle le souhaiterait.

L'incident s'est produit la même semaine que l'entreprise a annoncé son intention d'entrer en bourse en France. L'IPO devrait permettre de présenter OVHcloud comme une alternative européenne aux géants américains et chinois de l'hyperscale comme Amazon, Google, Microsoft et Alibaba. OVHcloud pourrait lever 400 millions d'euros (soit 469 millions de dollars), ce qui valoriserait la société à environ 4,7 milliards de dollars. Pour l'instant, tout semble se dérouler comme prévu, mais les analystes estiment que l'entreprise pourrait faire face à une forme de réticence de la part de certains investisseurs en raison de l'atteinte à sa réputation.

L'incendie a porté un coup dur à la réputation d'OVHcloud

La raison pour laquelle le leader européen de l'informatique en nuage perd des clients, mais n'en gagne pas rapidement de nouveaux est liée au fait que la catastrophe de mars a eu une grande incidence sur sa réputation. Une explication potentielle est que les clients qui quittent l'entreprise et les potentiels clients craignent d'être des victimes collatérales d'éventuels nouveaux dommages qu'elle pourrait subir. Comme le souligne OVHcloud lui-même, il pourrait subir d'autres incidents à l'avenir, et même l'impact d'incidents mineurs "pourrait être exacerbé par l'incendie de Strasbourg, surtout si ces incidents se produisent dans un avenir proche".

Même avec le document fourni à l'AMF, l'impact résultant sur les relations avec les clients et les revenus futurs d'OVHcloud est impossible à déterminer, mais il pourrait être significatif. La direction d'OVHcloud a déclaré que le ralentissement de la croissance pourrait durer jusqu'au début de 2022 et prévoit un retard de trois ou quatre trimestres sur la croissance prévue. Le dépôt prévoit une croissance de 4,4 % sur l'année fiscale 2021, considérablement moins que les 8,9 % dont elle a bénéficié en 2020. Mais l'entreprise est optimiste quant aux perspectives d'avenir, prévoyant une accélération de la croissance à environ 25 % en 2025.

Le rapport contient une grande note de prudence. OVHcloud est fier de fabriquer ses propres serveurs, et utilise un système de refroidissement liquide propriétaire qui lui permet d'installer des équipements rangée par rangée dans des bâtiments industriels existants. L'utilisation de ces vieux bâtiments pourrait représenter un facteur de risque ; et l'installation SBG2 aurait eu des planchers en bois et des éléments d'une construction à base de conteneurs d'expédition.

« Certaines des usines d'OVHcloud peuvent présenter des défauts structurels et environnementaux existants qui peuvent présenter des risques en termes de sécurité et de conformité ou obliger OVHcloud à dépenser des sommes importantes pour y remédier », indique le document, ajoutant que ces défauts peuvent ne pas être détectés par les audits qu'OVHcloud effectue avant d'occuper une propriété.

Source : Document de transparence d'OVHcloud (PDF)

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous du coût de l'incendie dont a été victime OVHcloud ?
Que pensez-vous de la perte de clients et du ralentissement de la croissance de la société ?
Quel est votre avis sur les risques annoncés par l'entreprise et les potentiels incendies qu'elle a mentionnés ?
Comment évaluez-vous la croissance de la société dans les prochaines années ? Risque-t-elle sa place de leader européen du cloud ?

Voir aussi

OVHCloud amorce son processus d'entrée en Bourse et espère pouvoir augmenter son capital de 400 millions d'euros pour devenir une alternative européenne aux GAFAM

Un important incendie sur les installations d'OVHcloud à Strasbourg provoque l'indisponibilité de nombreux sites internet en France et en dehors de l'Hexagone

OVHcloud donne des informations relatives au nettoyage des équipements suite à l'incendie, opération nécessaire avant une remise en service

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/12/2021 à 19:17
Incendie OVH : 20 clients s’inscrivent à un recours collectif destiné à obtenir de l’hébergeur des compensations équitables
Après l’incendie qui a ravagé le centre de données SBG2 au mois de mars

Le cabinet d'avocats parisien Ziegler & Associés annonce qu'une vingtaine de clients d'OVHcloud se sont joints à un recours collectif. Objectif : engager la responsabilité d’OVHcloud afin d’obtenir des compensations équitables après l’incendie qui a ravagé le centre de données SBG2 au mois de mars. Les plaignants reprochent à l’hébergeur d'avoir proposé à tous ses clients impactés par l'incendie de ses centres de données la même indemnisation, sans prendre en contre le chiffrage du préjudice de chacun.

Le cabinet d'avocats appelle d'autres clients de l'hébergeur à se joindre au recours collectif. Elle entend estimer leurs dommages avant d'envoyer une facture officielle à OVHcloud. Un accord à l’amiable entre Ziegler et OVHcloud devrait ensuite voir le jour. À défaut, l'affaire sera portée devant le tribunal du commerce.



Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

« Pertes de nombreuses données et préjudices économiques significatifs : plusieurs milliers de sociétés clientes d’OVHcloud ont été durement frappées par cet incendie », souligne le cabinet d'avocats parisien Ziegler & Associés pour lequel « OVHcloud a donc, sans aucun doute, failli à son obligation contractuelle de protection de vos données, qui lui est impartie en sa qualité de prestataire de service. »

Suite à l’incendie du mois de mars, La fameuse question de gestion des sauvegardes faisait à nouveau surface à l’ère du cloud qui a le vent en poupe. OVH s’était expliqué en soulignant qu’il offre du hosting.

« Il semble que les consommateurs à l’échelle globale ne comprennent pas notre offre. Cela fait déjà trop de discussions autour de cet aspect. Nous ne voulons pas nous enfoncer dans cette brèche. Nous allons plutôt revoir la sécurité à la hausse en offrant le plus haut niveau de sauvegarde pour tous nos clients de tous nos centres de données. Cela va changer les standards de l’industrie, ainsi que notre façon d’offrir nos services », avait expliqué Octave Klaba en annonçant du même coup l’adoption d’une nouvelle politique de sauvegarde gratuite des données de tous les clients.

Source : Ziegler

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ? OVHcloud peut-il être tenu pour responsable de la perte de données de ses clients comme le martèle le cabinet Zigler ?

Voir aussi :

OVHcloud lance le processus d'une éventuelle introduction en bourse selon un porte-parole de l'entreprise
Capgemini et OVHcloud signent un partenariat mondial pour permettre aux organisations de mener leur transformation dans le cloud de manière sécurisée et apporter des solutions cloud robustes
OVHcloud s'associe à Orange Business Services afin d'accompagner les projets de migration et de transformation vers le cloud OVHcloud dans « une approche multifournisseur »
OVHcloud s'associe à IBM et Atempo pour offrir aux organisations européennes une solution de stockage dans le cloud souveraine et compétitive, partenariat basé sur les solutions de stockage sur bande
25  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/03/2022 à 19:03
Incendie OVH : absence de système d'extinction incendie automatique et de dispositif de coupure électrique général,
le rapport des pompiers souligne des défaillances

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie s’est déclaré dans l’un des datacenters de la société OVH cloud. Plusieurs entreprises ont été victimes de cet incendie et de nombreux sites internet ont à déplorer une perte irréversible de leurs données. Que les pertes de données n’aient été que temporaires ou définitives, cet incendie a porté, dans tous les cas, un préjudice économique à plusieurs milliers de sociétés.

Un an plus tard, l'enquête des sapeur-pompiers du Bas-Rhin est désormais disponible.

Le rapport souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

Les pompiers n'ont pas pu couper l'électricité ni dans le local en flamme ni sur le site ce qui a favorisé la propagation de l'incendie.

Les pompiers évoquent également l'absence de système d'extinction automatique, le site misant sur une détection précoce et une alerte rapide des secours.

Autre défaillance : le fait que la direction d'OVH n'avait pas inscrit le site sur la liste des établissements répertoriés comme sensibles. Enfin, la présence d'une seule bouche d'incendie dans ce quartier du port autonome de Strasbourg.


L'incident déplorable a mis hors ligne environ 3,6 millions de sites Web répartis sur 464 000 domaines distincts. Octave Klaba n'a pas tardé à faire une sortie vidéo pour présenter ses excuses et expliquer à ses clients ce qui aurait déclenché le feu. On retient surtout que le patron d'OVHCloud a promis tirer des enseignements de ce sinistre et tout faire désormais pour qu'une telle situation « n'arrive plus jamais ».

Pourtant, dix jours après le feu qui a détruit un des quatre datacenters d'OVHcloud, certains médias ont annoncé un nouvel incendie sur le site de Strasbourg du français. Heureusement, la situation a rapidement été maitrisée.

Quoiqu'il en soit, le cabinet d'avocats parisien Ziegler & Associés a pour sa part amorcé un recours collectif contre OVHcloud. Pour le cabinet, si un accord à l'amiable n'est pas trouvé en termes de préjudice et d'indemnisation, l'affaire prendrait le chemin du tribunal de commerce.

Il faut dire que le 16 mars 2021, le PDG d’OVH avait annoncé que les clients bénéficieraient de trois mois gratuits en cas de coupure de service et d'une gratuité de six mois en cas de perte de données.

À cette même date, le fondateur de la société a également reconnu que beaucoup de clients n’avaient pas compris l’offre d’OVH en matière d’hébergement des données et de la nécessité de souscrire à une offre de sauvegarde complémentaire. Octave Klaba a alors annoncé une modification de la politique d’OVH afin d’accroître la sécurité des données et permettre une option de sauvegarde de données à tous les clients, sans aucun surcoût.

Cette annonce est cruciale car, certains clients n’avaient pas souscrit à l’offre de sauvegarde supplémentaire avant la survenance de l’incendie. Et cela peut avoir un impact sur l’indemnisation future de leurs pertes.

Ainsi, comment les clients dont le préjudice économique est lourd pourront-ils engager la responsabilité d’OVH s’ils sont contraints de ne jamais retrouver leurs données ? Autrement dit, pourront-il obtenir une indemnisation pour les pertes subies ?

La nature juridique des relations établies entre OVH, prestataire de service, et ses clients est contractuelle. Par conséquent, les stipulations contractuelles présentes au sein des conditions générales du fournisseur règlent la question de la responsabilité.

D’autre part, il existe deux grandes catégories de contrat chez ce type d’hébergeurs. On peut donc retrouver un contrat d’hébergement simple qui ne sera pas assorti de services associés ; on peut également retrouver un contrat d’hébergement avec des services ajoutés comme la possibilité de sauvegarde, de mise en place de plan de continuité ou de reprise d’activité etc.

C’est-à-dire que d’un contrat à l’autre, en fonction des options choisies par le client et des clauses rédigées entre les parties, le régime de responsabilité n’est pas le même pour OVH. À titre d’exemple, suivant la disponibilité choisie, OVHCloud dispose entre 9h (99,9%) et jusqu’à 36 jours (90%) pour rétablir les services.

Par conséquent, pour espérer intenter une action en indemnisation, la première question à se poser est de savoir quel type de contrat votre entreprise a conclu avec OVH ?


Début novembre, les sept entreprises que le cabinet a fédéré ont été rejoint par 13 entreprises supplémentaires. Désormais, le recours collectif comporte 130 entreprises.

Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

En parallèle du recours collectif suite à l'incendie d'OVH à Strasbourg, un groupe du Cac 40 et trois sociétés de plus de 10 000 salariés ont décidé de porter une action de façon individuelle.

Chaque client figurant sur la liste finale verra ses pertes évaluées individuellement, y compris les coûts financiers directs et les dommages causés à leurs marques, avant que Ziegler n'envoie sa lettre. Le cabinet laissera un mois à OVHcloud pour trouver un accord à l'amiable, sous peine de saisir le tribunal de commerce.

« L'objectif est de démontrer que la situation d'OVH n'est plus tenable, et qu'elle devra passer par une discussion amiable si elle ne veut pas un procès perdant », a indiqué Jocelyn Ziegler.

« Les organismes qui ont rejoint le recours collectif en ont assez de la réaction d'OVH. La plupart ont reçu des courriers dans lesquels le groupe indique qu'il se dégage de sa responsabilité ou se limite à une clause de limitation de responsabilité. Ils demandent à OVH de reconnaître le préjudice et les indemniser », a déclaré Ziegler.

Sources : rapport des pompiers, Ziegler & Associés
20  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 10/01/2022 à 21:17
Près de 60 entreprises, dont un groupe du CAC 40, demandent réparation après l'incendie d'OVH Cloud.
les procédures sont désormais entamées

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie s’est déclaré dans l’un des datacenters de la société OVH cloud. Plusieurs entreprises ont été victimes de cet incendie et de nombreux sites internet ont à déplorer une perte irréversible de leurs données. Que les pertes de données n’aient été que temporaires ou définitives, cet incendie a porté, dans tous les cas, un préjudice économique à plusieurs milliers de sociétés.

La CNIL a procédé à la publication d’une note sur son site qui rappelle les règles du RGPD aux propriétaires des sites web affectés par les incidents OVH. S'ils ont perdu des données personnelles, il faut le signaler à l'autorité :

« Suite à l’incendie du 10 mars 2021 ayant eu lieu dans un centre de données d’OVH à Strasbourg, la CNIL rappelle les obligations en matière de notification de violation en cas d’indisponibilité ou de destruction de données personnelles. La destruction de données personnelles (temporaire ou définitive), y compris accidentelle, constitue une violation de données au sens du RGPD. À ce titre, les responsables de traitement qui hébergeaient des données personnelles au sein des infrastructures touchées doivent documenter la violation (les faits, ses effets et les mesures prises pour y remédier) dans un registre tenu en interne. Les sous-traitants doivent informer leurs clients de l'incident afin que ces derniers puissent remplir leurs propres obligations, dont celle de documentation dans le registre des violations tenu en interne par chacun d’entre eux. »

Le cabinet d'avocats parisien Ziegler & Associés a pour sa part amorcé un recours collectif contre OVHcloud. Pour le cabinet, si un accord à l'amiable n'est pas trouvé en termes de préjudice et d'indemnisation, l'affaire prendrait le chemin du tribunal de commerce.

Il faut dire que le 16 mars 2021, le PDG d’OVH avait annoncé que les clients bénéficieraient de trois mois gratuits en cas de coupure de service et d'une gratuité de six mois en cas de perte de données.

À cette même date, le fondateur de la société a également reconnu que beaucoup de clients n’avaient pas compris l’offre d’OVH en matière d’hébergement des données et de la nécessité de souscrire à une offre de sauvegarde complémentaire. Octave Klaba a alors annoncé une modification de la politique d’OVH afin d’accroître la sécurité des données et permettre une option de sauvegarde de données à tous les clients, sans aucun surcoût.

Cette annonce est cruciale car, certains clients n’avaient pas souscrit à l’offre de sauvegarde supplémentaire avant la survenance de l’incendie. Et cela peut avoir un impact sur l’indemnisation future de leurs pertes.

Ainsi, comment les clients dont le préjudice économique est lourd pourront-ils engager la responsabilité d’OVH s’ils sont contraints de ne jamais retrouver leurs données ? Autrement dit, pourront-il obtenir une indemnisation pour les pertes subies ?

La nature juridique des relations établies entre OVH, prestataire de service, et ses clients est contractuelle. Par conséquent, les stipulations contractuelles présentes au sein des conditions générales du fournisseur règlent la question de la responsabilité.

D’autre part, il existe deux grandes catégories de contrat chez ce type d’hébergeurs. On peut donc retrouver un contrat d’hébergement simple qui ne sera pas assorti de services associés ; on peut également retrouver un contrat d’hébergement avec des services ajoutés comme la possibilité de sauvegarde, de mise en place de plan de continuité ou de reprise d’activité etc.

C’est-à-dire que d’un contrat à l’autre, en fonction des options choisies par le client et des clauses rédigées entre les parties, le régime de responsabilité n’est pas le même pour OVH. À titre d’exemple, suivant la disponibilité choisie, OVHCloud dispose entre 9h (99,9%) et jusqu’à 36 jours (90%) pour rétablir les services.

Par conséquent, pour espérer intenter une action en indemnisation, la première question à se poser est de savoir quel type de contrat votre entreprise a conclu avec OVH ?

Ce contrat stipule-t-il l’obligation pour OVH de sauvegarder les données partagées ? À défaut, le client ne pourra engager la responsabilité de l’hébergeur au titre de la perte de données.

Si la sauvegarde de données était comprise dans le contrat, alors il est possible de rechercher la responsabilité d’OVH, car cette dernière aurait dès lors commis une faute contractuelle.

Début novembre, les sept entreprises que le cabinet a fédéré ont été rejoint par 13 entreprises supplémentaires. Cette fois-ci, elles sont 56 et les procédures sont désormais entamées.


Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

Maître Dakos, avocat chez Ziegler & Associés, travaille sur ce dossier: « Dans ces 56 entreprises, on a une majorité de PME et de TPE, on a aussi quelques grands groupes industriels basés à l’international. On a aussi un groupe du CAC 40 et une administration. On va démontrer dans notre recours qu'OVH aurait pu prendre des mesures, des dispositifs: extincteur automatique, des dispositifs de préventions ».

Les indemnités demandées s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon l’avocat. « Les préjudices subis par les entreprises s’échelonnent entre 10 000 euros et 1,9 million d’euros et au total on est sur des sommes considérables de plusieurs millions, voire dizaines de millions d’euros » poursuit l'avocat.

Dans cette affaire, OVH se dédouane de toute « faute » et invoque un cas de « force majeure ». OVHcloud avait consenti a des « gestes commerciaux » au lendemain du sinistre.

Le cabinet d'avocats assure de son côté à OVH l'absence de système d'extinction dans le bâtiment et que les « sauvegardes back-up étaient sur le même serveur que les originales ». Les avocats estiment également que la clause « limitative de responsabilité » ne tient pas et veulent que soient pris en compte « les dommages indirects » subis par les entreprises clientes.

Source : Ziegler & Associés
15  1 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/06/2022 à 18:25
Le recours collectif suite aux incendies d'OVHcloud compte 140 entreprises et sollicite plus de 10 millions d'euros,
les lettres de mise en demeure seront envoyées à l'hébergeur français cette semaine

Le 10 mars 2021, un centre de données d'OVH basé à Strasbourg partait en fumée. Le bâtiment strasbourgeois de cinq étages contenait plus de 14 000 serveurs. La catastrophe a entraîné l'arrêt total ou partiel de « 120 000 services », selon OVHcloud.

Plus d'un an après, OVHcloud n'a toujours pas formellement expliqué la cause de l'incendie. Un rapport des pompiers publié ce mois-ci souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

Les pompiers n'ont pas pu couper l'électricité ni dans le local en flamme ni sur le site ce qui a favorisé la propagation de l'incendie.

Les pompiers évoquent également l'absence de système d'extinction automatique, le site misant sur une détection précoce et une alerte rapide des secours.

Autre défaillance : le fait que la direction d'OVH n'avait pas inscrit le site sur la liste des établissements répertoriés comme sensibles. Enfin, la présence d'une seule bouche d'incendie dans ce quartier du port autonome de Strasbourg.

Néanmoins, OVHcloud a indiqué qu'il ne fournira pas de communiqué officiel tant qu'il n'aura pas obtenu l'autorisation de ses assureurs et des agences gouvernementales.

Le cabinet Ziegler & Associés soutient pour sa part qu'OVHcloud a fait preuve de négligence dans les domaines évoqués dans ce rapport et n'a pas offert de compensation suffisante. Le cabinet d’avocats qui porte le recours collectif contre OVHcloud après l’incendie de Strasbourg, affirme être près d’envoyer les lettres de mise en demeure. Pas toutes dans un premier temps, certains clients devant encore lui communiquer des éléments. Mais d’ici à fin juin, tout sera parti.

Le recours collectif contre l'incendie du centre de données d'OVHcloud en mars 2021 compte désormais 140 clients.


Le cabinet évalue le préjudice de ses clients à 12 millions d’euros, mais il l'a revu à la baisse et il est maintenant de 10 millions d'euros soit en moyenne 71 428 euros par entreprise. Il faut préciser qu'il atteint les 3,2 millions d’euros pour l’entreprise qui a subi le plus lourd préjudice. Un montant (10 millions d'euros) estimé à condition de négocier à l'amiable. « Si on part en justice, ce chiffre [quadruple] », étant donné les dommages-intérêts et les frais de justice, prétend-on chez Ziegler & Associés.

Dans son rapport trimestriel, OVHcloud a indiqué avoir fait 3 millions d'euros de « gestes commerciaux » (remboursements), dépensé 3 millions d'euros en amortissement accéléré des serveurs endommagés et payé une prime d'assurance de 2 millions d'euros. L'opération semble s'être bien déroulée. L'annonce des résultats indique que les chiffres d'affaires ont été calculés « en excluant les impacts directs de l'incident de Strasbourg ». OVHcloud a indemnisé les clients pour la perte de son service, et non pour les pertes financières qu'ils ont subies, ou les atteintes à leur réputation, arguant que l'incendie n'était pas de sa responsabilité, mais un « cas de force majeure ».

Séparément, quatre grandes entreprises intentent une action individuelle contre OVHcloud pour l'incendie.

« La lettre de mise en demeure est un papier officiel réclamant à OVH les dommages et intérêts que les entreprises sont en droit de réclamer suite à ce fameux incendie. Il s'agit donc d'une tentative de parvenir à un accord à l'amiable », a déclaré Ziegler & Associates.

« Le recours collectif reste ouvert, donc les entreprises qui souhaitent le rejoindre peuvent le faire », a-t-il ajouté – bien qu'il ait précédemment déclaré que les entreprises avaient jusqu'en février 2022 pour se joindre, puis repoussé la date limite à la mi-avril.

Les premières lettres du cabinet d'avocats à OVHcloud devraient être envoyées ce mois-ci.

Le 28 février dernier, date de clôture de son premier semestre fiscal 2022, l’entreprise disait avoir reçu 410 réclamations et demandes d’information de la part de clients prétendant avoir été touchés. Avec, dans certains cas, des demandes de dédommagement pécuniaire « en général pour des montants individuels faibles, ou […] pas chiffrées ».

OVHcloud estime infondées la plupart des demandes des entreprises et assure que pour l’essentiel des autres, les gestes commerciaux accordés compensent largement les éventuels préjudices subis. À la date de publication de ses résultats financiers, l’hébergeur recensait six dossiers au stade contentieux. Pour couvrir les effets du sinistres (frais d’expertise et de procédure, actions en responsabilité), il a provisionné, au dernier pointage, 26,4 millions d'euros.

Source : Ziegler & Associés
13  0 
Avatar de sevyc64
Modérateur https://www.developpez.com
Le 07/12/2021 à 23:41
Citation Envoyé par defZero Voir le message
LoL, les personnes (j'espère pas des pro ) qui on perdu leurs donner dans cette histoire ne peuvent s'en prendre qu'à elles même.
Justement ceux sont beaucoup de pros. Et non, ils ne sont pas forcément fautifs, mais bien victimes.

On est parmi ces pros, on hébergeait chez OVH, les vitrines commerciales d'un certains nombres de nos clients. L'offre choisit était une offre globale avec sauvegarde assurée par OVH. Rien n'indiquait et ne permettait de choisir, dans le contrat d'hébergement, l’emplacement des sauvegardes réalisées. Mais la terminologie utilisée dans le contrat pouvait laisser penser à une sauvegarde sécurisée et redondante.
Dans les faits, comme l'incendie l'a révélé, rien de tout ça.

Une partie de nos clients ont perdus leur site, mais pas tous, malgré l'offre globale que l'on avait acheté à OVH.
Parmi ceux qui ont perdus leur site, une large partie a aussi perdu les sauvegardes, mais pas tous. Tout le contenu de SBG2 n'était pas forcément sauvegardé à SBG2. Dans notre cas, certaines sauvegardes étaient sur SBG3 et 4, d'après les infos qu'OVH avait donné, quelques rares, ailleurs, Roubaix il me semble.

Je peux te dire qu'il y a une armée d'avocats à éplucher les contrats, et c'est pas nous, le client, qui sommes coupables, mais bien OVH. Coupables, oui, de négligences, entre-autre, mais maintenant condamnable, cela reste une autre histoire.
13  1 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/03/2022 à 19:43
Incendie OVH : l'action du recours collectif est retardée jusqu'à mi-avril pour permettre à davantage d'entreprises d'en faire partie,
tandis qu'OVHcloud lance des services avec Nutanix et NetApp

Une action collective des entreprises qui ont souffert de l'incendie qui a détruit le centre de données SBG2 d'OVHcloud en 2021 a été retardée pour permettre à davantage de clients de se joindre. Ziegler & Associés avait prévu d'envoyer une lettre fin février, énonçant des demandes d'indemnisation aux clients d'OVHcloud dont les entreprises ont été affectées par l'incendie, mais maintient l'action ouverte jusqu'à la mi-avril, car davantage de clients se sont joints. Parallèlement, OVHcloud a enrichi son offre en lançant un service de cloud privé basé sur Nutanix et de stockage objet basé sur NetApp.

Plus d'un an après, OVHcloud n'a toujours pas formellement expliqué la cause de l'incendie. Un rapport des pompiers publié ce mois-ci souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

Les pompiers n'ont pas pu couper l'électricité ni dans le local en flamme ni sur le site ce qui a favorisé la propagation de l'incendie.

Les pompiers évoquent également l'absence de système d'extinction automatique, le site misant sur une détection précoce et une alerte rapide des secours.

Autre défaillance : le fait que la direction d'OVH n'avait pas inscrit le site sur la liste des établissements répertoriés comme sensibles. Enfin, la présence d'une seule bouche d'incendie dans ce quartier du port autonome de Strasbourg.

Néanmoins, OVHcloud a indiqué qu'il ne fournira pas de communiqué officiel tant qu'il n'aura pas obtenu l'autorisation de ses assureurs et des agences gouvernementales.

Ziegler & Associés soutient pour sa part qu'OVHcloud a fait preuve de négligence dans les domaines évoqués dans ce rapport et n'a pas offert de compensation suffisante. Jusqu'à présent, Ziegler rapporte que 130 entreprises se sont inscrites pour son recours collectif, mais a déclaré cette semaine que sa lettre officielle à OVHcloud a été retardée car « de plus en plus d'entreprises » s'inscrivent, et Ziegler évalue une demande spécifique pour chacune d'elles. La lettre de recours collectif est actuellement attendue à la mi-avril.


Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

En parallèle du recours collectif suite à l'incendie d'OVH à Strasbourg, un groupe du Cac 40 et trois sociétés de plus de 10 000 salariés ont décidé de porter une action de façon individuelle.

Chaque client figurant sur la liste finale verra ses pertes évaluées individuellement, y compris les coûts financiers directs et les dommages causés à leurs marques, avant que Ziegler n'envoie sa lettre. Le cabinet laissera un mois à OVHcloud pour trouver un accord à l'amiable, sous peine de saisir le tribunal de commerce.

« L'objectif est de démontrer que la situation d'OVH n'est plus tenable, et qu'elle devra passer par une discussion amiable si elle ne veut pas un procès perdant », a indiqué Jocelyn Ziegler.

« Les organismes qui ont rejoint le recours collectif en ont assez de la réaction d'OVH. La plupart ont reçu des courriers dans lesquels le groupe indique qu'il se dégage de sa responsabilité ou se limite à une clause de limitation de responsabilité. Ils demandent à OVH de reconnaître le préjudice et les indemniser », a déclaré Ziegler.

Pendant ce temps, les activités normales se poursuivent du côté d'OVHcloud qui a lancé deux autres services.


Un service de cloud privé hébergé basé sur la plateforme cloud Nutanix est conçu pour permettre aux clients de migrer rapidement entre les centres de données privés et le cloud en mettant en place une architecture cloud hybride. Plus tôt ce mois-ci, OVHcloud a également lancé un service de stockage de fichiers d'entreprise optimisé par NetApp.

Le service basé sur Nutanix est préinstallé et offre aux clients un matériel dédié dans l'infrastructure OVHcloud « en quelques heures », afin qu'ils puissent évoluer en fonction des demandes saisonnières ou mettre en place une sauvegarde dans le cloud. Les clients Nutanix peuvent lier leurs services OVHcloud à la Nutanix Cloud Platform. Le service Nutanix s'exécute sur le logiciel d'infrastructure hyperconvergée de Nutanix.

Le service de stockage de fichiers d'entreprise basé sur NetApp est destiné à fournir un service de stockage haute disponibilité aux clients exécutant dans le cloud ou utilisant NetApp sur site. Il est basé sur la technologie de système de fichiers Ontap de NetApp et est entièrement géré par OVHcloud.

Présentation de la solution technique

Rappel sur la définition d’un nœud

Une solution Nutanix est composée de ce que l’on appelle des nœuds. En pratique, un nœud est un ordinateur physique. Sur cet ordinateur, on retrouve :
  • Un disque système ou deux disques systèmes en RAID. Sur ce disque système est installé l’hyperviseur AHV.
  • Un disque SSD ou est stocké la CVM (machine virtuelle qui assure les connexions entre chaque nœud et qui est une composante essentielle de la solution Nutanix). L’espace disque restant éventuellement disponible peut servir pour le stockage de données.
  • D’autres disques SSD ou SAS, avec un coût de licence différent en fonction de la technologie de stockage choisie.
  • Un ou plusieurs processeurs.
  • De la mémoire.
  • Parfois une carte graphique GPU (Graphical Processor Unit).

Dans l’idéal, chaque nœud d’un cluster Nutanix doit être identique. Il peut néanmoins arriver qu’il y ait des différences, notamment lorsqu’un GPU est présent. Cependant, les nœuds qui contiennent du stockage doivent être identiques.

Fonctionnement du cluster Nutanix

Un cluster est créé à partir des nœuds du cluster. Il faut au minimum 3 nœuds pour faire fonctionner un cluster Nutanix.

Lors de la création d’un cluster, tous les disques disponibles sont ajoutés dans ce que l’on appelle un Storage POOL. Nous recommandons de n’avoir qu’un seul Storage POOL.

Pour rappel, la solution Nutanix d’OVHcloud commence à partir de 3 nœuds et peut aller jusqu’à 18 nœuds.

La redondance des données ne se fait pas sur un nœud comme avec du RAID, mais au travers du réseau sur plusieurs nœuds.

Il y a plusieurs niveaux de redondances :
  • RF2: les données sont disponibles sur 2 nœuds, ce qui permet la défaillance d’un nœud ou d’un disque de données sur un des nœuds.
  • RF3: Les données sont disponibles sur 3 nœuds. Cette solution n’est possible qu’à partir de 5 nœuds, elle est plus sécurisée car elle permet la perte de deux nœuds avec une capacité de stockage moindre.

Présentation de la virtualisation

La virtualisation se fait au travers de l’hyperviseur AHV. Cet hyperviseur est intégré sur chaque nœud et ne nécessite pas de licence supplémentaire.

Les ordinateurs virtuels fonctionnent sur un des nœuds et peuvent basculer à chaud d’un nœud à l’autre en fonctionnement normal.

En cas de défaillance d’un nœud, les ordinateurs virtuels redémarrent sur un des nœuds.

Liste des possibilités de connexion à un cluster Nutanix
  • À partir de l’interface WEB Prism Central (machine virtuelle supplémentaire qui possède des fonctionnalités que n’a pas Prism Element et qui permet de se connecter à un ou plusieurs clusters).
  • Sur l’interface WEB Prism ELEMENT (il s’agit en réalité d’une des CVM).
  • En SSH sur le cluster (dans ce cas-là, il s’agit aussi d’une des CVM).
  • En SSH sur un des nœuds du cluster pour des opérations de maitenance sur l’hyperviseur.


Au travers de Prism Central et de Prism Element, il est possible d’utiliser l’interface RESTAPI pour automatiser certaines tâches en ligne de commande.

Sources : Ziegler & Associés, OVHcloud
12  0 
Avatar de petitours
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 07/12/2021 à 19:25
« Il semble que les consommateurs à l’échelle globale ne comprennent pas notre offre. Cela fait déjà trop de discussions autour de cet aspect. Nous ne voulons pas nous enfoncer dans cette brèche. Nous allons plutôt revoir la sécurité à la hausse en offrant le plus haut niveau de sauvegarde pour tous nos clients de tous nos centres de données. Cela va changer les standards de l’industrie, ainsi que notre façon d’offrir nos services »
Çà c'est se moquer du monde.

Changer les standards de l'industrie en ne laissant pas la sauvegarde au même endroit que les données à protéger même l'amateur qui recherche "sauvegarde" sur son moteur de recherche préféré trouvera dés la première réponse le principe élémentaire du 3-2-1, non respecté par OVH.

Ok c'est une faute importante de la part des clients que de confier au prestataire A la sauvegarde de ses données qui sont déjà chez le prestataire A mais prétendre être dans les standards de l'industrie avec leurs sauvegardes locales c'est se moquer du monde.
D'ailleurs ils disent qu'il y a des sauvegardes qui ont été perdues mais vu ce qu'elles sont devenues et cet endroit stupide où elles étaient on est en droit d'imaginer qu'elles n'existaient pas du tout les sauvegardes.
11  0 
Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 28/03/2022 à 9:41
Incendie OVHcloud : vers un accord amiable à 12 M€, le recours collectif contre OVHcloud accentue la pression
et souhaite privilégier la négociation

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie s’est déclaré dans l’un des datacenters de la société OVH cloud. Plusieurs entreprises ont été victimes de cet incendie et de nombreux sites internet ont déploré une perte irréversible de leurs données. Que les pertes de données n’aient été que temporaires ou définitives, cet incendie a porté, dans tous les cas, un préjudice économique à plusieurs milliers de sociétés. Le cabinet d’avocats qui porte le recours collectif contre OVHcloud accentue la pression et souhaite privilégier la négociation. Aujourd’hui, les parties se dirigeraient vers un accord amiable à 12 M€.

La CNIL a procédé à la publication d’une note sur son site qui rappelle les règles du RGPD aux propriétaires des sites web affectés par les incidents OVH. S'ils ont perdu des données personnelles, il faut le signaler à l'autorité :

« Suite à l’incendie du 10 mars 2021 ayant eu lieu dans un centre de données d’OVH à Strasbourg, la CNIL rappelle les obligations en matière de notification de violation en cas d’indisponibilité ou de destruction de données personnelles. La destruction de données personnelles (temporaire ou définitive), y compris accidentelle, constitue une violation de données au sens du RGPD. À ce titre, les responsables de traitement qui hébergeaient des données personnelles au sein des infrastructures touchées doivent documenter la violation (les faits, ses effets et les mesures prises pour y remédier) dans un registre tenu en interne. Les sous-traitants doivent informer leurs clients de l'incident afin que ces derniers puissent remplir leurs propres obligations, dont celle de documentation dans le registre des violations tenu en interne par chacun d’entre eux. »


En mi-mars, une action collective des entreprises qui ont souffert de l'incendie qui a détruit le centre de données SBG2 d'OVHcloud en 2021 a été retardée pour permettre à davantage de clients de se joindre. Ziegler & Associés avait prévu d'envoyer une lettre fin février, énonçant des demandes d'indemnisation aux clients d'OVHcloud dont les entreprises ont été affectées par l'incendie, mais maintient l'action ouverte jusqu'à la mi-avril, car davantage de clients se sont joints. Parallèlement, OVHcloud a enrichi son offre en lançant un service de cloud privé basé sur Nutanix et de stockage objet basé sur NetApp.

Plus d'un an après, OVHcloud n'a toujours pas formellement expliqué la cause de l'incendie. Un rapport des pompiers publié ce mois-ci souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

La procédure de recours collectif que le cabinet porte contre OVHcloud s’accélère. Selon des sources, les lettres d’avocat vont être envoyées aux alentours du 15 avril. Au dernier pointage, « plus de 140 entreprises » s’y sont jointes. Préjudice global estimé : 12 millions d’euros… à condition de négocier à l’amiable.

« Si on part en justice, ce chiffre [quadruple] », étant donné les dommages-intérêts et les frais de justice, prétend-on chez Ziegler & Associés. Si, en l’espèce, OVHcloud a plus à gagner à accepter la conciliation, c’est aussi, nous assure-t-on, eu égard à sa cotation en Bourse. Et de nous rappeler, sur ce point, l’effet qu’avait eu la médiatisation d’un rapport du SDIS 67 (Service départemental d’incendie et de secours du Bas-Rhin). Ce rapport avait été rendu public le 22 février sur le portail national de l’Ensosp (École nationale supérieure des officiers sapeurs-pompiers). Voici, ci-dessous, quelques elements importants du rapport :

  • voie engin étroite et par endroits très proche de SBG2 ;
  • risque toxique lié au plomb contenu dans les onduleurs ;
  • sécurité incendie du site : absence de système d’extinction automatique ;
  • Les deux cours intérieures de SBG2 prévues pour le refroidissement des serveurs ont fait office de « cheminées d’incendie. » ;
  • Le datacenter SBG2, que les flammes ont détruit, avec des planchers en bois, accentuant le risque de propagation aux étages ;
  • DECI (défense extérieure contre l’incendie) : réseau en antenne, avec capacité limitée à un hydrant délivrant 70 m3/h à 1 bar ; aspiration dans la darse rendue impossible dans un premier temps par la présence d’un grillage ;
  • alimentation du site difficile à couper, précisément car conçue pour (deux niveaux de groupes électrogènes pour pallier une défaillance)… et aussi du fait d’un « choix économique » : aucun organe de coupure d’urgence. Il avait fallu, à compter du premier appel au CTA, (Centre de Traitement de l’Alerte) près de trois heures pour couper l’alimentation externe du site. Il restait alors encore du courant dans les onduleurs.

Le rapport souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

Et vous ?

Que pensez-vous de ce possible accord amiable à 12 M€ ?

Voir aussi :

Près de 60 entreprises, dont un groupe du CAC 40, demandent réparation après l'incendie d'OVH Cloud. Les procédures sont désormais entamées

Incendie OVH : l'action du recours collectif est retardée jusqu'à mi-avril pour permettre à davantage d'entreprises d'en faire partie
Tandis qu'OVHcloud lance des services avec Nutanix et NetApp


Incendie OVH : absence de système d'extinction incendie automatique et de dispositif de coupure électrique général, le rapport des pompiers souligne des défaillances
11  0 
Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 10/06/2022 à 10:28
L'incendie du centre de données d'OVHcloud l'année dernière pourrait être dû à une fuite d'eau,
le BEA-RI ne tire aucune conclusion mais évoque un dysfonctionnement de l'onduleur

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie se déclare au sein du centre de stockage de données (ou datacenter) OVH situé sur le port de Strasbourg (67). Le sinistre s’est déclenché au niveau du rez-dechaussée du bâtiment SBG2 et s’est rapidement propagé à tout le bâtiment, impactant également les bâtiments voisins SBG1 (détruisant partiellement 4 salles sur 12) et SBG3 (impactant l’inter-bâtiment entre SBG2 et SBG3). Les conclusions du Bureau d'enquêtes et d'analyses sur les risques industriels (BEA-RI) font allusion à une cause possible, une fuite d'eau sur un onduleur, tout en précisant que la cause n'a pas été déterminée de manière concluante.

Si l’incendie a pu être maitrisé après coupure du réseau électrique et intervention d’un bateau pompe, les dégâts causés étaient déjà considérables. Selon des sources publiques, environ 3.6 millions de sites internet correspondant à 464 000 noms de domaine étaient indisponibles au plus fort de la crise soient près de 18% des adresses IP actives et attribuées à OVH au cours des deux semaines précédentes.

OVHcloud, anciennement OVH, est une entreprise française, fondée en 1999, spécialisée dans la prestation de services informatiques dont l’hébergement et l’administration de serveurs. La société propose également des prestations de cloud computing public et privé, activité consistant à traiter des données informatiques d'un client, dont l'exploitation s'effectue par l'internet, sous la forme de services fournis par un prestataire.


La société indique desservir plus d’un million et demi de clients, en s’appuyant sur un réseau de datacenters répartis entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique. En France OVHCloud dispose de deux implantations majeures : son site de Roubaix (créé en 2007) et son site de Strasbourg dont la première phase (SBG1) a été mise en service en 2012. Le groupe OVH exploite 32 datacenters implantés sur 4 continents.

Depuis la maitrise de l'incendie, le patron d'OVHcloud a multiplié les tweets dans une tentative d'être le plus transparent possible en communiquant sur l'impact du sinistre et sur ce qui est fait pour que tout revienne à la normale. On sait que sur les quatre datacenters du site de Strasbourg, un a été totalement détruit (SGB2), un autre partiellement (SGB1) tandis que les autres ont été épargnés (SGB3 et SGB4).

Fuite d'eau comme cause possible de l'incendie du centre de données d'OVHcloud

Les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur place le jeudi 11 mars 2021. Ils ont échangé avec des représentants de la société OVH, du service d’incendie et de secours du Bas Rhin et de l’inspection des installations classées ainsi que du gestionnaire du réseau électrique de la ville de Strasbourg. Les conclusions du BEA-RI évoquent la possibilité d'une fuite d'eau sur un onduleur, tout en précisant que la cause n'a pas été déterminée de manière concluante.

L’incendie n’a engendré aucune victime et aucun blessé. Il a en revanche occasionné des dommages importants sur les plans matériels et financiers. Le service assuré par OVH a été interrompu pour un nombre important de clients, dont des clients institutionnels. L’incendie a pris naissance au sein des locaux qui abritent les batteries et les ASI (alimentation sans interruption) nécessaires au fonctionnement des serveurs.

Ces salles appelées aussi F salles énergie G étaient équipées d’une détection incendie mais ne disposaient d’aucun système d’extinction automatique. Les départs de feu se sont produits quasi-simultanément sur des batteries et sur un onduleur. Les causes précises des départs au sein de ces équipements, qui font l’objet d’une expertise judiciaire, ne sont pas connues à la date du rapport. Le BEA-RI ne se positionne donc pas sur ce point qui pourra, le cas échéant, faire l’objet d’un rapport additionnel.

Dans une vidéo publiée pour faire le point de la situation, le PDG d'OVHcloud a d'abord présenté ses excuses avant de revenir sur ce qui s'est passé. C'est peu avant 1h du matin qu'ils ont reçu l'alerte incendie. « Les techniciens sur place sont intervenus en quelques dizaines de secondes sur les différentes salles, ils ont vu énormément de fumée immédiatement. Ils ont pris la décision au bout de deux minutes de sortir du datacenter parce que c'était dangereux de rester à l'intérieur », dit-il. Sur l'origine de l'incendie, la piste suivie est celle d'un onduleur qui avait subi une maintenance la veille de l'incendie.

« Quand les pompiers sont intervenus, avec des caméras thermiques, ils ont vu deux équipements, des onduleurs, en feu. Sur l'un des deux onduleurs, nous avons eu des interventions dans la matinée. Un technicien qui devait faire des maintenances a changé des pièces à l'intérieur. Le matériel a été ensuite remis en route dans l'après-midi », explique Octave Klaba. Pour tenter de comprendre ce qui s'est passé de manière chronologique et tirer des conclusions, ils doivent extraire et analyser les vidéos des 300 caméras de surveillance du datacenter, ce qui devrait être en cours.

Le BEA-RI ne se positionne donc pas sur ce point qui pourra, le cas échéant, faire l’objet d’un rapport additionnel. Malgré l’arrivée rapide des secours, la conception du bâtiment, l’absence de système d’extinction automatique, le délai de mise en sécurité électrique du site et les moyens en eau sur la zone n’ont pas permis d’éviter l’embrasement généralisé de SBG2 et la propagation de l’incendie à des bâtiments voisins.

Le BEA-RI a émis des enseignements de sécurité relatifs à la détection et à la prévention de l’incendie par des systèmes d’extinction automatiques, à la maintenance des batteries, à la conception des bâtiments, et à l’élaboration de plans d’urgence en liaison avec les services d’incendie et de secours incluant la coupure de l’alimentation électrique.

Articulation avec l’expertise mandatée par le Tribunal de Strasbourg

L’incendie a donné lieu à l’ouverture de plusieurs procédures civiles pour traiter les demandes d’indemnisation des préjudices subis lors de l’incendie par les clients d’OVH mais également par OVH lui-même. Dans le cadre de ces procédures, un collège d’experts judiciaires a été désigné par le Tribunal de Strasbourg afin de caractériser les litiges et d’ordonner les expertises nécessaires qui permettront d’établir les responsabilités et de fixer les indemnisations.

Des dispositions créées aux articles L. 501-1 à L. 501-19 du Code de l’Environnement en août 2021 donnent la possibilité aux enquêteurs du BEA-RI de prélever des matériels en vue de mener des expertises. Ces dispositions n’étant pas encore prises au moment du lancement de la présente enquête et des expertises diligentées par le collège d’experts judiciaires, il n’a donc pas été possible au BEA-RI d’opposer un droit de regard sur les expertises ou de lancer ses propres investigations.

Pour rappel, l’enquête du BEA-RI vise exclusivement à tirer des enseignements en vue de faire progresser la sécurité, en complément des autres enquêtes, qui ont pour objet de rechercher des fautes ou des responsabilités, d’évaluer l’importance des dégâts aux biens, aux personnes ou à l’environnement, et de formuler des recommandations, le cas échéant, sur les modalités de réparation, de dépollution ou de dédommagement des préjudices.

Au-delà des causes techniques primaires de l’incendie, voici, ci-dessous quelques éléments qui ont eu un impact sur sa propagation :

  1. La conception des bâtiments et leur proximité

    Le rapport du BEA-RI indique que les dispositions constructives retenues lors de la construction du bâtiment ont joué un rôle dans la propagation de l’incendie. Le BEA-RI a exploité les données issues de la centrale de sécurité incendie et en particulier la chronologie des déclenchements des détecteurs incendies. « Il convient d’être prudent dans l’exploitation qui peut être faite de ces données car les détecteurs donnent une indication sur la propagation des fumées et non des flammes. En outre la différence de sensibilités des technologies employées en matière de détection peut induire des décalages de déclenchement. Mais les fumées constituant un vecteur de propagation préférentiel de l’incendie, leur présence apporte toutefois un éclairage sur leur cinétique de diffusion.


    « L’examen de la séquence de déclenchement de la détection incendie est en ce sens particulièrement intéressante. On peut y voir qu’au cours des 15 minutes qui suivent le début de l’incendie, plusieurs détecteurs incendie se sont déclenchés au rez-de-chaussée mais également sur la totalité des étages supérieurs du bâtiment SBG2. Certains détecteurs situés dans les étages supérieurs déclenchent même quelques minutes après le début de l’incendie. Ce premier constat démontre une grande perméabilité du bâtiment à l’air extérieur et donc aux fumées d’incendie qui peuvent se propager rapidement et sans difficulté » , déclare le BEA-RI.

  2. L’absence de système d’extinction automatique

    Selon BEA-RI, OVH a choisi de n’équiper aucun des cinq bâtiments de son datacenter de Strasbourg de système de protection incendie automatique. Pour rappel, un système de protection incendie peut avoir plusieurs fonctions :
    • l’extinction de l’incendie ;
    • le contrôle ou la temporisation de l’incendie, ce qui permet de contenir sa progression et de donner du temps à l’organisation et l’intervention des secours. De surcroît, dans le cas d’une installation telle qu’un datacenter, il permet de mettre en œuvre des moyens en eau très tôt dans la séquence accidentelle, sans même attendre l’arrêt de la fourniture d’électricité, et sans exposer de personnel à un risque d’électrocution.

  3. Des moyens en eaux insuffisants

    Les services de secours publics ne disposaient pour cette intervention que d’un poteau incendie qui délivrait un débit insuffisant (inférieur à 60m3 /h) . L’exploitant ne disposait pas non plus de réserve d’eau d’extinction en propre ni de moyen de pompage dans le canal du Rhin. Compte tenu de l’évolution rapide et défavorable du sinistre, ils ont rapidement sollicité l’appui du bateau pompe EUROPA qui est arrivé sur la zone à 3h00. L’arrivée de ce moyen a permis de contenir le développement de l’incendie, et d’éviter sa propagation au reste des installations et en particulier aux bâtiments SBG1 et SBG3 qui ont été malgré tout partiellement endommagés.

  4. Le délai nécessaire à la mise en sécurité électrique des installations

    Lors des premières reconnaissances, les sapeurs-pompiers ont rapidement identifié la présence d’un risque électrique qui empêchait la mise en œuvre de moyens importants en eau. Bien que l’ordre de couper l’alimentation du site ait été donné rapidement (0h58), la sécurisation électrique n’est intervenue que bien plus tard.


Voici, ci-dessous, quelques recommandations émis par le sur l’amélioration des règles anti-incendie :

A l’attention de la DGPR

Le retour d’expérience de l’incendie d’OVH montre que la protection du seul local de stockage des batteries n’aurait pas permis d’éviter l’incendie. Il y a donc lieu d’appliquer les prescriptions relatives au comportement au feu des bâtiments aux locaux qui abritent les équipements électriques qui servent à la charge des batteries et qui leur sont directement connectés. Cela revient à définir un atelier de charge comme étant le local qui abrite les batteries et également les équipements qui servent à la charge.

A l’attention d’OVH

Le BEA-RI émet les recommandations suivantes à l’attention d’OVH :

  • Dans le cadre de la reconstruction de ses installations ou de la construction de ses prochains datacenters, tenir compte du retour d’expérience de l’incendie du bâtiment SBG2 à Strasbourg en terme de conception des bâtiments et des salles F énergie G, en terme de moyens de détection et de lutte contre l’incendie, et en terme de procédure d’urgence ;
  • Sur le site de Strasbourg, établir et mettre en œuvre au travers d’exercices des procédures d’urgence de mise en sécurité des installations électriques afin de faciliter l’intervention des services de secours publics ;
  • procéder à un audit de l’ensemble de ses installations, pour étudier la vulnérabilité de ses sites au risque d’incendie.
Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

Source : CGEDD

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Que pensez-vous des faiblesses présentées par BEA-RI ?

À la lecture de ce rapport, peut-on dire qu'OVHCloud n'a pas été suffisamment dotée, en terme de moyens de
détection et de lutte contre l’incendie, et en terme de procédure d’urgence ?

Ce rapport vous parait-il pertinent ?

Voir aussi :

OVHcloud : Octave Klaba s'excuse et explique qu'un onduleur pourrait être à l'origine de l'incendie, après une maintenance survenue la veille du sinistre

Incendie OVH : 103 sociétés rejoignent un recours collectif et réclament plus de 9 millions d'euros, en parallèle un groupe du Cac 40 et trois sociétés ont décidé de porter des actions individuelles

Incendie OVH : absence de système d'extinction incendie automatique et de dispositif de coupure électrique général, le rapport des pompiers souligne des défaillances
9  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/04/2022 à 13:23
OVHcloud enregistre une croissance de 14% au premier semestre, soit un chiffre d'affaires de 382 millions d'euros.
L'incendie, son introduction en bourse et ses coûts d'acquisitions récentes lui ont coûté 41 M€

L'opérateur cloud français OVHcloud a enregistré de bons revenus pour le premier semestre de l'exercice, bien que l'incendie encore inexpliqué de son centre de données SBG2 de Strasbourg en mars dernier l'ait poussé dans le rouge. Au cours des six mois précédant le 28 février, la société a enregistré une perte d'exploitation de 21 millions d'euros, sur un chiffre d'affaires de 382 millions d'euros, contre un bénéfice d'exploitation de 20 millions d'euros pour le premier semestre 2021. Le chiffre d'affaires a augmenté de 13% par rapport au premier semestre de l'année précédente, qui s'était terminé juste avant l'incendie qui a détruit SBG2. Abordant l'impact de la guerre en Ukraine, OVHcloud a déclaré qu'il tirait environ 1,5% de ses revenus de la Russie, de la Biélorussie et de l'Ukraine, et qu'il n'avait ni personnel ni infrastructure dans aucun de ces trois pays.

Michel Paulin, PDG d'OVHcloud, a déclaré :

« Les résultats du premier semestre démontrent la capacité d'OVHcloud à délivrer une stratégie d'accélération de croissance robuste, durable et rentable. Ces résultats ont été obtenus grâce à l'engagement de tous les collaborateurs du Groupe, contribuant à la poursuite du succès dans chacun des piliers de la croissance, notamment à l'international où notre développement s'est poursuivi à un rythme soutenu.

« Forts de cette performance, nous abordons le second semestre avec confiance. Le renforcement de nos équipes et de notre écosystème, combiné à l'enrichissement rapide de notre portefeuille de solutions PaaS et à la demande accrue d'offres de cloud souverain sont autant d'atouts qui nous conduisent à relever notre objectif de croissance du chiffre d'affaires dans une fourchette de 15% à 17% pour l'exercice fiscal 2022 ».


Le chiffre d'affaires consolidé d'OVHcloud a atteint 382 millions d'euros au premier semestre 2022, en hausse de 14,3% par rapport au premier semestre 2021. Avec 71 solutions IaaS et PaaS au premier semestre 2022 et un objectif de plus de 80 solutions d'ici la fin du deuxième semestre 2022, OVHcloud continue d'enrichir son portefeuille de solutions en étroite interaction avec ses clients afin de leur proposer les solutions qui répondre au mieux à leurs besoins.

Les analystes s'intéresseront surtout aux effets de l'incendie, qui a brûlé le centre de données SBG2 le 10 mars 2021, et qui reste toujours inexpliqué un an plus tard. Ils voudront également tenir compte de l'introduction en bourse du groupe, qui a eu lieu en octobre.

Selon l'annonce financière du groupe, ces deux facteurs expliquent parfaitement la différence entre la perte d'exploitation de cette année de 21 millions d'euros et le résultat d'exploitation de l'an dernier de 20 millions d'euros pour le premier semestre 2021. L'impact combiné de l'introduction en bourse et de l'incendie de Strasbourg, ainsi que les coûts des acquisitions récentes se sont élevés à 41 millions d'euros au premier semestre de l'exercice 2022, selon le groupe.

Pour l'introduction en bourse, OVHcloud indique avoir effectué 21 millions d'euros de paiements en actions et 8 millions d'euros de frais. Elle a également versé 4 millions d'euros de compléments de prix liés à des acquisitions.

Quant à l'incendie, l'entreprise aurait fait 3 millions d'euros de « gestes commerciaux » (remboursements), dépensé 3 millions d'euros en amortissement accéléré des serveurs endommagés et payé une prime d'assurance de 2 millions d'euros. L'opération semble s'être bien déroulée. L'annonce des résultats indique que les chiffres d'affaires ont été calculés « en excluant les impacts directs de l'incident de Strasbourg ».

En septembre, un « document de transparence » déposé dans le cadre de l'introduction en bourse d'OVHcloud a averti que l'incendie pourrait coûter 105 millions d'euros à l'entreprise, bien qu'une grande partie de ce montant puisse être couverte par une assurance. Selon le document, elle a effectivement versé 61 millions d'euros d'indemnisation, mais l'assurance a couvert 58 millions d'euros, laissant les 3 millions d'euros de « gestes commerciaux » évoqués plus haut.

La société a annoncé en septembre avoir dépensé 15,8 millions d'euros pour mettre au rebut les serveurs endommagés par le feu, puis dépensé 18,4 millions d'euros pour les remplacer - des coûts qui, encore une fois, ont peut-être été couverts par une assurance. L'incendie a également entraîné des « charges exceptionnelles » de 39,2 millions d'euros, dont 32,3 millions d'euros pour des expertises, des procédures et d'éventuelles actions en responsabilité.

Coût de l'incendie

Il y a un autre gros coût potentiel non abordé ici : OVHcloud a indemnisé les clients pour la perte de son service, et non pour les pertes financières qu'ils ont subies, ou les atteintes à leur réputation, arguant que l'incendie n'était pas de sa responsabilité, mais un « cas de force majeure ».

Un certain nombre de clients soutiennent le contraire. En effet, suite à l'incendie dans l’un des datacenters de la société OVH cloud survenu dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, de nombreux sites internet ont déploré une perte irréversible de leurs données. Que les pertes de données n’aient été que temporaires ou définitives, cet incendie a porté, dans tous les cas, un préjudice économique à plusieurs milliers de sociétés.

Aussi, 140 entreprises se sont regroupées avec le spécialiste juridique Ziegler Associes dans une action collective réclamant 12 millions d'euros de dommages et intérêts. Ziegler a calculé les pertes subies par les clients individuels et doit remettre sa réclamation sous peu, après quoi OVHcloud devra soit régler, soit porter l'affaire devant les tribunaux.


Le résultat de cet argument dépendra de la question de savoir si OVHcloud est jugé responsable de la manière dont il a exploité son centre de données ou de la manière dont il a vendu ses services - si les clients avaient raison de s'attendre à disposer de sauvegardes fiables ou non.

Cette dernière question sera tranchée par les avocats, mais la première reste indécidable, car OVHcloud n'a toujours pas publié de rapport d'incendie détaillé, plus d'un an après l'incident, malgré les premières promesses de le faire.

L'entreprise affirme actuellement qu'elle n'est pas en mesure de publier des détails, en raison de « l'implication des autorités françaises, des compagnies d'assurance, etc. »

En mars, l'enquête des sapeur-pompiers du Bas-Rhin a été publié.

Le rapport souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

Les pompiers n'ont pas pu couper l'électricité ni dans le local en flamme ni sur le site ce qui a favorisé la propagation de l'incendie.

Les pompiers évoquent également l'absence de système d'extinction automatique, le site misant sur une détection précoce et une alerte rapide des secours.

Autre défaillance : le fait que la direction d'OVH n'avait pas inscrit le site sur la liste des établissements répertoriés comme sensibles. Enfin, la présence d'une seule bouche d'incendie dans ce quartier du port autonome de Strasbourg.


L'incident déplorable a mis hors ligne environ 3,6 millions de sites Web répartis sur 464 000 domaines distincts. Octave Klaba n'a pas tardé à faire une sortie vidéo pour présenter ses excuses et expliquer à ses clients ce qui aurait déclenché le feu. On retient surtout que le patron d'OVHCloud a promis tirer des enseignements de ce sinistre et tout faire désormais pour qu'une telle situation « n'arrive plus jamais ».

Pourtant, dix jours après le feu qui a détruit un des quatre datacenters d'OVHcloud, certains médias ont annoncé un nouvel incendie sur le site de Strasbourg du français. Heureusement, la situation a rapidement été maitrisée.

Pour le cabinet Ziegler & Associés, si un accord à l'amiable n'est pas trouvé en termes de préjudice et d'indemnisation, l'affaire prendrait le chemin du tribunal de commerce. « L'objectif est de démontrer que la situation d'OVH n'est plus tenable, et qu'elle devra passer par une discussion amiable si elle ne veut pas un procès perdant », a indiqué Jocelyn Ziegler.

« Les organismes qui ont rejoint le recours collectif en ont assez de la réaction d'OVH. La plupart ont reçu des courriers dans lesquels le groupe indique qu'il se dégage de sa responsabilité ou se limite à une clause de limitation de responsabilité. Ils demandent à OVH de reconnaître le préjudice et les indemniser », a déclaré Ziegler.

Il faut dire que le 16 mars 2021, le PDG d’OVH avait annoncé que les clients bénéficieraient de trois mois gratuits en cas de coupure de service et d'une gratuité de six mois en cas de perte de données.

À cette même date, le fondateur de la société a également reconnu que beaucoup de clients n’avaient pas compris l’offre d’OVH en matière d’hébergement des données et de la nécessité de souscrire à une offre de sauvegarde complémentaire. Octave Klaba a alors annoncé une modification de la politique d’OVH afin d’accroître la sécurité des données et permettre une option de sauvegarde de données à tous les clients, sans aucun surcoût.

Cette annonce est cruciale car, certains clients n’avaient pas souscrit à l’offre de sauvegarde supplémentaire avant la survenance de l’incendie. Et cela peut avoir un impact sur l’indemnisation future de leurs pertes.

Ainsi, comment les clients dont le préjudice économique est lourd pourront-ils engager la responsabilité d’OVH s’ils sont contraints de ne jamais retrouver leurs données ? Autrement dit, pourront-il obtenir une indemnisation pour les pertes subies ?

La nature juridique des relations établies entre OVH, prestataire de service, et ses clients est contractuelle. Par conséquent, les stipulations contractuelles présentes au sein des conditions générales du fournisseur règlent la question de la responsabilité.

D’autre part, il existe deux grandes catégories de contrat chez ce type d’hébergeurs. On peut donc retrouver un contrat d’hébergement simple qui ne sera pas assorti de services associés ; on peut également retrouver un contrat d’hébergement avec des services ajoutés comme la possibilité de sauvegarde, de mise en place de plan de continuité ou de reprise d’activité etc.

C’est-à-dire que d’un contrat à l’autre, en fonction des options choisies par le client et des clauses rédigées entre les parties, le régime de responsabilité n’est pas le même pour OVH. À titre d’exemple, suivant la disponibilité choisie, OVHCloud dispose entre 9h (99,9%) et jusqu’à 36 jours (90%) pour rétablir les services.

Par conséquent, pour espérer intenter une action en indemnisation, la première question à se poser est de savoir quel type de contrat votre entreprise a conclu avec OVH ?

Les revenus de son activité cloud privé en hausse

En ce qui concerne les détails de l'activité, l'activité majoritaire de cloud privé de l'entreprise a augmenté de 16 % pour atteindre un chiffre d'affaires de 233 millions d'euros, tandis que la croissance rapide de ses activités américaines et asiatiques récemment créées a permis de compenser une performance plus morose en Europe, où l'impact de la le feu a été ressenti le plus vivement.


Dans le cloud public, OVHcloud a réalisé plusieurs lancements de produits et généré un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros, en croissance rapide de 21 % à données comparables au cours du premier semestre 2021

L'indemnisation incendie était constitué de « gestes commerciaux » de 1,7 million d'euros aux clients du cloud privé et de 0,9 million d'euros aux clients du cloud public.

Géographiquement, l'entreprise admet que l'incendie l'a le plus touchée sur son territoire d'origine, la France, où sa croissance a été plus faible, à environ 9 %. Le reste de l'Europe a suivi à peu près cette ligne. Partout dans le monde, où de nouvelles divisions sont encore en mode démarrage, la croissance a été de 76 % aux États-Unis et de 30,5 % en Asie. OVHcloud a lancé son site de Singapour en 2019 et sa filiale américaine en 2017. L'international représente désormais la moitié de son chiffre d'affaires.


Situation en Ukraine

Dans le contexte géopolitique dégradé entre la Russie et l'Ukraine, le Groupe surveille en permanence ses activités en Russie, en Biélorussie et en Ukraine.

Le Groupe précise également que :
  • le chiffre d'affaires généré en Russie, en Biélorussie et en Ukraine a représenté environ 1,5 % du chiffre d'affaires du Groupe pour le semestre clos le 28 février 2022 ; le Groupe n'a de salariés dans aucun de ces pays ;
  • le Groupe n'a pas de prestataires (particuliers) basés en Ukraine ;
  • il n'a pas d'infrastructures dans ces trois pays ;
  • il n'identifie pas à ce stade de risque significatif de recouvrement des créances échues au 28 février ;
  • son exposition indirecte est limitée, tant sur les coûts de l'énergie, qui sont presque entièrement couverts au prix fixe pour l'année civile 2022 et en partie pour 2023, que sur la tension potentielle de la chaîne d'approvisionnement, atténuée par le modèle d'intégration verticale d'OVHcloud.

Source : résultats du premier semestre d'OVH

Voir aussi :

OVHcloud lance le processus d'une éventuelle introduction en bourse selon un porte-parole de l'entreprise
Capgemini et OVHcloud signent un partenariat mondial pour permettre aux organisations de mener leur transformation dans le cloud de manière sécurisée et apporter des solutions cloud robustes
OVHcloud s'associe à Orange Business Services afin d'accompagner les projets de migration et de transformation vers le cloud OVHcloud dans « une approche multifournisseur »
OVHcloud s'associe à IBM et Atempo pour offrir aux organisations européennes une solution de stockage dans le cloud souveraine et compétitive, partenariat basé sur les solutions de stockage sur bande
8  0