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Le projet de loi britannique sur la sécurité en ligne veut filtrer les contenus avant leur publication sans aucune procédure régulière,
Ce qui pourrait limiter gravement la liberté d'expression

Le , par Mathis Lucas

17PARTAGES

9  0 
Le Royaume-Uni continue à élaborer son projet de loi sur la sécurité en ligne (Online Safety Bill) et les dispositions qu'il contient donnent des sueurs froides à toute l'industrie technologique. Ce projet de loi tentaculaire donne au gouvernement britannique la possibilité d'introduire des portes dérobées dans les services de messagerie, ce qui détruira le chiffrement de bout en bout. Il introduit le concept de "restriction préalable" : il permet d'interdire un contenu avant publication ou de bloquer la publication sans procédure régulière, ce qui peut être interprété comme un filtre. Aucun amendement susceptible d'atténuer les éléments les plus dangereux du projet de loi n'a été accepté.

Le projet de loi britannique sur la sécurité, qui trouve son origine dans un livre blanc sur "les préjudices en ligne" (Online Harms) datant maintenant de plus de quatre ans, constituerait la réglementation la plus étendue jamais adoptée en matière d'Internet. Autrement dit, il donnerait au gouvernement britannique un contrôle sans précédent sur l'infrastructure Internet. S'il est adopté, le projet de loi sur la sécurité en ligne exigera des logiciels approuvés par le gouvernement dans les services de messagerie utilisés par des millions de citoyens britanniques. Cela signifie que les fournisseurs seront tenus d'introduire des portes dérobées dans leurs services.

Il exigerait le filtrage des contenus, ainsi que des contrôles d'âge pour l'accès aux contenus érotiques. Le projet de loi exige également que des rapports détaillés sur l'activité en ligne soient envoyés au gouvernement. Le but déclaré de tout ceci est, entre autres, la protection des enfants en ligne. Et pour cela, le gouvernement britannique veut s'octroyer le droit d'analyser chaque message en ligne à la recherche de contenus liés à la maltraitance des enfants ainsi que le matériel d'abus sexuel d'enfants (CSAM). Un argument très peu convaincant. En outre, le principal signal d'alarme du projet de loi britannique est le concept de "restriction préalable".


Il s'agit du concept d'interdiction de contenu avant publication, ou de blocage de la publication sans procédure régulière, qui peut être interprété comme un "filtre de téléversement". Le projet de loi exige des propriétaires de plateformes en ligne qu'ils empêchent les utilisateurs de rencontrer des contenus illicites. Il confère à l'Ofcom (l'autorité britannique de régulation des communications) le pouvoir d'exiger des services de messagerie chiffrés qu'ils filtrent les communications des utilisateurs. Cela pourrait modifier fondamentalement la communication en ligne en imposant "une restriction préalable par le biais de l'IA ou d'autres systèmes automatisés.

Selon les critiques, si le projet de loi est adopté, la législation étouffera la liberté d'expression en bloquant le contenu jugé "illégal" sans aucune explication, notification ou procédure régulière pour l'utilisateur censuré. Dans ce cas, des gens pourraient voir leur vie et leur carrière détruites pour s'être exprimées, pour avoir remis en question le récit "officiel" ou pour avoir proposé des méthodes d'atténuation différentes de celles adoptées par des technocrates non élus et non tenus de rendre des comptes. Les critiques estiment qu'une fois voté, le projet de loi sur la sécurité en ligne constituera un énorme pas en arrière pour la protection de la vie privée.

Au cours des dix dernières années, les gouvernements, les Big Tech et les médias d'entreprise ont fortement ébranlé leur crédibilité et ont érodé la confiance du public qu'ils ont tous trahi au-delà de toute rédemption. Au lieu de penser ces plaies encore "béantes", ils tentent de faire passer en force une nouvelle législation, des règles supplémentaires et des algorithmes opaques qui viseraient à pénaliser davantage la dissidence, à criminaliser la pensée non conforme et, comme l'explique clairement de nombreux experts, à violer les droits de l'homme universels. Ironiquement, le gouvernement britannique affirme que la proposition protège la vie privée.

L'EFF (Electronic Frontier Foundation) dénonce la législation : « avoir une conversation privée est un droit humain fondamental. Pour que ces droits se concrétisent dans le monde numérique, la meilleure technologie dont nous disposons est le chiffrement de bout en bout. Or, il est totalement incompatible avec la technologie d'analyse des messages approuvée par le gouvernement et exigée par le projet de loi sur la sécurité en ligne. Nous le répétons depuis plusieurs années : il n'existe pas une porte dérobée au chiffrement qui ne serait utilisée que par les "bons" ». Selon le groupe, le monde deviendrait très dangereux avec de telles lois et réglementations.

« Saper le chiffrement, que ce soit en l'interdisant, en faisant pression sur les entreprises pour qu'elles l'abandonnent ou en exigeant un balayage côté client, sera une aubaine pour les mauvais acteurs et les États autoritaires », a déclaré l'EFF. Les entreprises qui fournissent des messageries chiffrées - telles que WhatsApp, Signal et Element, basée au Royaume-Uni - ont également expliqué le danger que représente le projet de loi. Dans une lettre ouverte publiée en avril, elles ont expliqué que le projet de loi pourrait briser le chiffrement de bout en bout, ouvrant la porte à une surveillance routinière, générale et indiscriminée des messages personnels.

Apple a rejoint ce groupe en juin, déclarant publiquement que le projet de loi menace le chiffrement et pourrait mettre les citoyens britanniques en plus grand danger. Face à cette vague de résistance, le gouvernement britannique a réagi en agitant les mains et en niant la réalité. Dans une lettre de réponse à la Chambre des Lords consultée par l'EFF, le ministre britannique de la Culture, des Médias et des Sports se contente de ressasser un monde imaginaire dans lequel les messages peuvent être scannés tout en préservant la vie privée de l'utilisateur. Cependant, tous les experts du domaine s'accordent à dire qu'un tel système n'est pas réalisable.

« Nous avons déjà vu des entreprises développer de telles solutions pour des plateformes avec le chiffrement de bout en bout. L'Ofcom devrait être en mesure d'exiger l'utilisation de ces technologies et, lorsque des solutions prêtes à l'emploi ne sont pas disponibles, il est juste que le gouvernement montre la voie en explorant ces technologies. Nous attendons de l'industrie qu'elle construise des solutions robustes pour les plateformes/services individuelles qui garantissent à la fois la vie privée et la sécurité des enfants en empêchant le matériel d'abus sexuel d'enfants d'être librement partagé sur des canaux publics et privés », peut-on lire dans la lettre.

Pour les critiques, le fait que la Chambre des Lords n'ait même pas entamé un débat sérieux sur la protection du chiffrement et de la vie privée, alors qu'elle a largement eu le temps d'examiner chaque article du projet de loi, constitue un échec remarquable. Ils appellent le Parlement britannique à rejeter le projet de loi, car le balayage et la surveillance universels sont odieux pour ses propres électeurs. Une récente enquête menée auprès des citoyens britanniques a montré que 83 % d'entre eux souhaitaient bénéficier du niveau de sécurité et de confidentialité le plus élevé possible sur des applications de messagerie telles que Signal, WhatsApp et Element.

Source : Open Rights Group

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Avatar de Prox_13
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 05/10/2023 à 11:25
Ouiiii ouiiii, évidemment. C'est pour les enfants, c'est ça? Comme les fois d'avant? Ils nous prennent vraiment pour des bons.
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/10/2023 à 14:27
Citation Envoyé par petitours Voir le message
Je fais partie de ces gens là et pourtant j'ai pleinement conscience du sujet.
1) Nos échanges privés sont déjà copieusement scrutés, pas par une organisation démocratique sous le contrôle d'élus qui changent régulièrement mais par des entreprises privées à but très lucratif.
2) Qu'est ce que j'en ai à faire que cette organisation publique scrute mes échanges ? Entre les nouvelles que je donne à ma famille et les mots doux que j’envoie à madame, rien qui ne soit pas diffusé largement sur d'autres canaux non informatiques
3) Rien empêche de chiffrer ce qui est réellement à chiffrer (et pas via les outils des plateformes gratuites à but lucratif...)
4) Le chiffrement privé servant à rien c'est une dépense énergétique et environnementale dont on doit se passer
5) Tant mieux si ça permet de stopper quelques pédophiles. Récemment le déchiffrement de communications a permis de stopper un réseau de trafic d'arme et de drogue en France, ça aurait été idiot de s'en priver pour protéger le récit du petit fils Paul qui a fait ses premiers pas dans le jardin.
Désolé de ne pas être d'accord avec toi. Certes, ce que tu dis est juste.
Toutefois, j'émettrais les réserves suivantes.
1) Si tu envoies des photos de tes enfants en maillot de bain à tes parents ou beaux-parents, seras-tu content de voir les flics débarqués avec un mandat de perquisition chez toi, et toi et ta femme embarqués pour pédophilie ?
2) Si les enquêteurs veulent déchiffrer des conversations, qu'ils demandent aux juges de leur délivrer une autorisation. Autorisation qui exigera qu'une enquête prouve qu'il y a un risque potentiel.
3) Si le chiffrement est interdit, tu ne pourras pas chiffrer ce qui est réellement à chiffrer.
4) Quelles garanties avons-nous que nos discussions ne soient utilisées contre nous à un quelconque moment. Ex. Mettons que Jean et Paul discutent politique, Paul critiquant telle ou telle loi. Et, voilà que le fils de Paul se voit refuser une bourse, une entrée en université, ... que sais-je encore. Évidemment, officiellement ça n'aura aucun lien, mais en réalité ?

En bref, je dirais que la porte ouverte à toutes les fenêtres... Et une fois ouverte, pas facile de les refermer. Et, ça, c'est en supposant que l'on reste dans un pays "démocratique" (ce qu'il est de moins en moins), imaginons une seconde le pays basculant dans un état plus... dictatorial.
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Avatar de kain_tn
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 14/08/2023 à 18:03
Citation Envoyé par Bruno Voir le message
Comment le Royaume-Uni peut-il protéger les enfants en ligne, si les géants de la tech veulent protéger leurs profits ?
Personne ne veut protéger les enfants: ni le Royaume Uni, ni les Big Techs.

Les Big Techs pensent à leur profit, et le Royaume Uni pense à fliquer ses habitants - c'est déjà en grande partie le cas avec toutes les caméras partout, mais là on passe un autre cap.

Le thème des enfants, c'est juste une excuse parce que personne ne peut être contre la protection des enfants.

Mais comme ça devient un peu lassant, à la longue, voici un certain nombre de thèmes alternatifs pour nos amis du Royaume Uni, des fois qu'ils voudraient changer un peu d'alibis pour faire passer leurs lois liberticides:
  • Affaiblir le chiffrement pour lutter contre le réchauffement climatique, parce que ça économise des cycles de calcul
  • Affaiblir le chiffrement pour faire des économies d'énergies, parce qu'il n'y a plus de courant pour tout le monde, ma bonne dame
  • Affaiblir le chiffrement pour lutter contre la discrimination et pour être inclusifs: pensez à tous ces pauvres protocoles non-chiffrés, discriminés de manière injuste à cause de leur nature
  • Affaiblir le chiffrement pour protéger les fleurs, parce... pourquoi pas ça aussi.


Non, sérieusement, on parle d'un pays qui a des histoires sordides de pédophilie comme l'abus des orphelins des îles Jersey par des personnalités médiatiques, des politiciens et des gens de la noblesse, et qui continue à cacher/essayer d'étouffer ces histoires jusqu'à aujourd'hui...

Citation Envoyé par Bruno Voir le message
Quels sont les risques pour les enfants si le chiffrement des messages n’est pas régulé ?
Euh... Non. La bonne question est "quels sont les risques pour les enfants et pour tout le monde, si le chiffrement est affaiblit". Et la réponse est toute simple: tout le monde pourra intercepter les communications de tout le monde. Fini, les possibilités de lancer des alertes sans être inquiété. Bonjour 1984.

Il n'y aura même plus besoin d'airtags pour les prédateurs/harceleurs: tout sera en clair. Pratique, non? Mais c'est pour la sécurité des enfants, on vous dit!

Citation Envoyé par Bruno Voir le message
Quelles sont les alternatives possibles pour concilier la sécurité en ligne et la sécurité des enfants ?
Bon, pour commencer, j'en remets une couche moi aussi, avec des sujets qui n'ont pas de relations non plus. Quoique...

  • Quelles sont les alternatives possibles pour concilier la sécurité en ligne et la la lutte contre le réchauffement climatique ?
  • Quelles sont les alternatives possibles pour concilier la sécurité en ligne et les économies d'énergie ?
  • Quelles sont les alternatives possibles pour concilier la sécurité en ligne et la lutte contre les discriminations ?
  • Quelles sont les alternatives possibles pour concilier la sécurité en ligne et la protection des fleurs ?


Euh... Pour commencer, ne pas toucher au chiffrement. Laisser les parents éloigner leurs enfants de ces cochonneries de médias sociaux. Mettre en avant les liens entre certaines personnes très haut-placées et des réseaux de pédophilie (qui a dit Epstein?).
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Avatar de OrthodoxWindows
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/10/2023 à 19:40
Citation Envoyé par TotoParis Voir le message
Le sujet est très délicat en termes de vie privée, de libertés publiques, oui.
Mais les enculeurs de nourrissons doivent être attrapés et sanctionnés, aussi.
Ça tombe bien, les enculeurs de nourrissons opèrent dans le monde analogique. Le monde numérique est encore moins coupable qu'une camionnette servant à kidnapper un enfant. Pourtant, personne en pense à installer une caméra dans une camionnette, alors que c'est un outils finalement plus plus dangereux qu'un ordinateur.
6  0 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 07/10/2023 à 18:36
Citation Envoyé par TotoParis Voir le message
Les enculeurs de nourrissons sont sur le (dark) web, et y diffusent leurs exploits, et ils se font attraper, et c'est tant mieux.
Curieux que personne ici ne saisisse l'horreur de ces pratiques...
Et le dark web n'est pas concerné par ce que demande Europol. Par contre nos vies personnelles, elles sont directement concernées.
Cette demande, sous couvert de protéger des enfants, n'a pour but que de fliquer le plus grand monde. C'est une peu le coefficient social chinois. Aujourd'hui, on va faire comme si c'était pour traquer les pédophiles, demain on parlera des terroristes, puis des activistes, puis des personnes qui ne votent pas bien...

L'écran de fumée est connu, archi-connu.

C'est étonnant que certains arrivent encore à s'y faire prendre.
6  0 
Avatar de mith06
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 11/10/2023 à 11:04
La plus part des gens avec j'en parle ne voient pas de problème à ce que tous leur messages privés soient scanné...
On a la politique que l'on mérite...
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Avatar de seedbarrett
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 12/10/2023 à 17:48
J'ai hate que leur système à la con sois piraté et que l'intégralité des mais de TOUS LES EUROPEENS se retrouvent leakés.
Ryu a 100% raison, c'est -encore- un cheval de troie. On commence à avoir l'habitude, la loi qui interdit de filmer les flics c'était comme seul but de cacher les violences policières. Là encore, le but c'est juste de traquer le citoyen honnête.

MAis quand on voit la réaction de certain, aka "je fais rien de mal, prend mes accès root a toutes mes machines" alors qu'on est sensé être entre professionnels je commence à croire qu'on mérite ce qui nous arrive.
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Avatar de Jules34
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 16/10/2023 à 9:23
Décidément l'Europe me désespère de plus en plus.
6  0 
Avatar de walfrat
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 17/10/2023 à 15:05
On ne pèse peut être pas autant qu'on en aurait envie, mais dire que la France pèse rien dans l'Union européenne... c'est se moquer du monde.

Il y a au moins 20 autres pays qui pèse moins, largement moins que la France dans l'UE.
6  0 
Avatar de marsupial
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 28/07/2023 à 11:37
Combien de temps avant que cela n'arrive en Europe ? Le gouvernement français est chaud bouillant pour y faire sauter le chiffrement.
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