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Mozilla bannit en silence des extensions contre la censure d'Etat en Russie,
L'éditeur de Firefox a pourtant pour mission de « veiller à ce qu'Internet soit une ressource publique accessible à tous. »

Le , par Patrick Ruiz

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Mozilla a procédé au bannissement en silence de plusieurs extensions de proxy Firefox : Censor Tracker, Russian Censorship Bypass, Planet VPN, FastProxy. La situation est sujette à controverse étant donné que l’éditeur de Firefox précise lui-même que sa mission est de « veiller à ce que l'internet soit une ressource publique mondiale, ouverte et accessible à tous. Un internet qui place vraiment les gens au premier plan, où les individus peuvent façonner leur propre expérience et sont responsabilisés, en sécurité et indépendants. » Elle fait d’autant plus l’objet de débats que Mozilla est l’initiateur d’une pétition pour sauver la liberté sur Internet en France face au projet de loi SREN.

« Je suis l'un des développeurs de l'extension Censor Tracker qui figure dans le dépôt d'extensions de Mozilla. Nous avons récemment remarqué que notre module complémentaire est désormais indisponible en Russie, bien qu'il ait été développé spécifiquement pour contourner la censure dans ce pays. Nous n'avons modifié aucun paramètre de visibilité et n'avons reçu aucun courrier électronique à ce sujet », s’étonne l’un des développeurs de l’extension Censor Tracker.

« Cette page n'est pas disponible dans votre région. La page à laquelle vous avez essayé d'accéder n'est pas disponible dans votre région », rapporte-t-il du message d’erreur auquel les utilisateurs font face lors des tentatives d’accès à la page dédiée à l’extension.

Un bannissement qui intervient après le lancement en France d’une pétition contre le projet de loi SREN

Le projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique (SREN) obligerait les navigateurs web, comme Firefox de Mozilla, à bloquer des sites web directement au niveau du navigateur. La volonté du gouvernement français d'empêcher les enfants d'accéder à du contenu pornographique en ligne est bien documentée. Peu de gens contestent que les sites largement disponibles et librement accessibles ne conviennent pas aux mineurs, mais dans un monde où la responsabilité parentale est considérée comme démodée, pour ne pas dire inefficace, la France estime que la législation est le seul moyen de protéger les enfants du pays.

Mozilla estime que le projet de loi SREN, dans sa forme actuelle, porte atteinte à la liberté d’expression et au droit à l’information des internautes français. La fondation craint que le blocage des sites web au niveau du navigateur ne soit inefficace, disproportionné et dangereux pour la démocratie. Voici ses principaux arguments :

  • Le blocage des sites web au niveau du navigateur est inefficace, car il peut être facilement contourné par les utilisateurs qui peuvent changer de navigateur, utiliser un VPN ou un proxy, ou encore accéder aux contenus grâce à des applications mobiles ou des messageries instantanées.
  • Le blocage des sites web au niveau du navigateur est disproportionné, car il impose aux éditeurs de logiciels une responsabilité qui n’est pas la leur. En effet, les navigateurs web ne sont pas des hébergeurs ni des diffuseurs de contenus, mais des outils permettant aux utilisateurs d’accéder aux contenus qu’ils souhaitent. Les éditeurs de logiciels n’ont pas vocation à être des juges ni des censeurs du web.
  • Le blocage des sites web au niveau du navigateur est dangereux pour la démocratie, car il ouvre la voie à une surveillance généralisée et à une censure arbitraire du web. En effet, le projet de loi SREN ne prévoit pas de garanties suffisantes quant au respect du contradictoire, du droit au recours ou de la transparence dans la définition et l’application des critères d’illicéité des contenus. De plus, le projet de loi SREN pourrait servir de modèle à d’autres pays qui voudraient imposer leur vision du web aux utilisateurs français ou étrangers.

Le contexte de guerre en Ukraine jette de la lumière sur la décision de Mozilla de bannir en silence ces extensions

La Russie a fini par créer son propre fork de Wikipédia après avoir exercé sans succès des pressions sur l'encyclopédie en ligne pour qu'elle se conforme aux lois russes sur la communication. La nouvelle version s'appelle Ruwiki et a copié tous les articles de Wikipédia en langue russe et les a strictement édités pour se conformer aux lois russes. Elle est décrite comme une encyclopédie en ligne censurée qui est régulièrement nettoyée des références aux "agents de l'étranger", des critiques du gouvernement et des rapports sur la torture dans les prisons. Son lancement a sonné le glas de la version originale de Wikipédia en langue russe.

La Fondation Wikimédia a été confrontée ces dernières années aux pressions des autorités de régulation russes qui ont exigé qu'elle apporte des modifications à certains articles de Wikipédia en langue russe. Wikipédia a été accusée de diffuser des informations incorrectes sur le conflit en Ukraine, notamment en le qualifiant de "guerre" alors que les autorités russes exigent l'utilisation du terme "opération militaire spéciale". Roskomnadzor, le régulateur russe des technologies de l'information et des communications, a menacé d'interdire Wikipédia en langue russe, ce qui avait déclenché des téléchargements massifs à l'époque.

Parallèlement, les Russes ont lancé un projet visant à cloner la version locale de Wikipédia dans le but de l'adapter aux règles de communication en vigueur dans le pays. C'est désormais chose faite. Selon les médias locaux, le 29 juin 2023, une version test du projet Ruwiki (Ruviki) a été mise à la disposition des utilisateurs. Cette version s'est révélée être une pâle copie de Wikipedia en langue russe, nettoyée de tout ce qui est interdit. Elle respecte fièrement la législation russe et est régulièrement nettoyée des critiques du gouvernement et des rapports sur la torture dans les prisons, les crimes de guerre, et bien d'autres.
Twitter et Facebook sont de même bloqués pour des raisons liées à la qualité de l’information en lien avec la guerre en Ukraine. En 2022, Le Parlement russe a voté à l'unanimité vendredi pour approuver un projet de loi criminalisant la diffusion intentionnelle de ce que la Russie considère comme des informations « fausses ». Le règlement prévoit des amendes ou des peines de prison pour la diffusion de fausses informations sur l'armée, ainsi que des amendes pour les personnes qui appellent publiquement à des sanctions contre la Russie.

Source : Forums Mozilla

Et vous ?

Comment comprendre ce contraste entre les missions que se fixe Mozilla et ses actions sur le terrain ?
Le tableau actuel fait de bannissement des extensions utiles à la censure d’Etat en Russie vous surprend-t-il compte tenu de la guerre en Ukraine ?
Mozilla peut-il opérer autrement que de plier aux exigences des autorités russes de régulation de l’espace Internet ?

Voir aussi :

La Russie punit de 15 ans d'emprisonnement les « fausses nouvelles », Twitter et Facebook désormais bloqués en Russie

La Wikimedia Foundation fait appel de l'amende russe pour des articles sur la guerre en Ukraine, un tribunal de Moscou a qualifié sa couverture de désinformation

Le gouvernement russe a menacé de bloquer Wikimedia dans le pays, en raison de l'article relatif à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, déclarant que l'article diffusait de fausses informations

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Avatar de luciole75w
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 14/06/2024 à 3:28
Les responsables de Mozilla se sont dans un premier temps pliés à la requête de l'agence russe, le temps d'approfondir le sujet, délicat, on peut le comprendre, mais ils ont plus tard annoncé être revenus sur cette décision.


Citation Envoyé par Edward Sullivan @ Mozilla
In alignment with our commitment to an open and accessible internet, Mozilla will reinstate previously restricted listings in Russia. Our initial decision to temporarily restrict these listings was made while we considered the regulatory environment in Russia and the potential risk to our community and staff.
...


Merci Mozilla de réaffirmer ici vos valeurs face à la pression de régimes autoritaires !
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Avatar de noremorse
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 14/06/2024 à 8:33
J'imagine que les outils-censures permettent de bypasser la censure occidentale concernant les médias russes ainsi que les sites médias comme Rumble bloqués en France.
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