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Les recherches d'alternatives à Discord bondissent du jour au lendemain de 10 000 % suite à l'instauration par la plateforme de gaming d'un système mondial de vérification d'âge : Vers un effondrement total ?

Le , par Patrick Ruiz

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Les recherches d’alternatives à Discord bondissent du jour au lendemain de 10 000 % suite à l’instauration par la plateforme de gaming d’un système mondial de vérification d’âge : Vers un effondrement total ?

Tout le monde sera traité comme un mineur par défaut dès mars 2026 sur Discord. Pour retrouver un accès complet à la plateforme, il faudra scanner son visage ou transmettre une pièce d'identité officielle à un prestataire tiers. Le problème : ce type de prestataire a déjà été piraté il y a à peine quatre mois, exposant les documents de 70 000 utilisateurs. Une annonce qui suscite une levée de boucliers dans la communauté technologique. Les recherches d’alternatives à Discord ont bondi du jour au lendemain de 10 000 % suite à l’annonce de l’entrée en vigueur prochaine de cette mesure sur Discord.

Les recherches pour « Supprimer Discord » ont également doublé d'un mois à l'autre, tandis que les noms des principales alternatives à Discord ont également connu une ascension fulgurante.



Stoat, le nouveau nom de Revolt, a enregistré la plus forte augmentation des recherches au cours des dernières 48 heures, avec une hausse d'environ 9 900 %, contre 4 100 % pour l'ancien nom Revolt. Stoat est une plateforme de chat open source axée sur la confidentialité, une caractéristique qui tend à disparaître rapidement dans Discord.

Matrix a en sus enregistré une augmentation significative de 2 133 % du volume de recherche, IRC gagnant 1 500 % et Mumble 1 000 %.



À compter de mars 2026, Discord considérera automatiquement que tous les utilisateurs, quel que soit l'âge de leur compte ou les communautés dont ils sont déjà membres, sont des adolescents âgés de plus de 13 ans mais de moins de 18 ans.

Une fois qu’un compte aura été automatiquement basculé vers le paramètre « Teen-by-Default » (Adolescent par défaut), il ne sera plus possible d’accéder aux chaînes soumises à une restriction d'âge, débloquer les contenus sensibles ou recevoir des messages provenant de personnes autres que ses amis.



Cet état de choses est la résultante de l’existence de lois destinées à interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes et ce, au motif de les protéger

Emmanuel Macron dit avoir demandé au gouvernement d’engager la procédure accélérée d’une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La mesure désormais en gestation en France est similaire en termes de contenus et d’objectifs à celle déjà en vigueur en Australie.

La dernière sortie d’Emmanuel Macron fait suite à une précédente dans laquelle il s’était donné quelques mois pour convaincre l’UE et passer à l’action en France si elle tardait à prendre une position favorable en la matière. Grosso modo, Emmanuel Macron considère les réseaux sociaux comme une jungle sur laquelle le poids de la réglementation gouvernementale doit s’abattre. Il cite les contrôles de carte d’identité et les systèmes de reconnaissance faciale parmi les moyens techniques permettant l’atteinte de cet objectif.



La Chine, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Irlande ont chacun un modèle de régulation avec ses spécificités

Au-delà de l'Australie, plusieurs autres pays ont mis en place ou envisagent des régulations pour protéger les mineurs sur les réseaux sociaux, chacun avec des approches distinctes :

La Chine : Le modèle chinois se distingue par son niveau de contrôle étatique. Les moins de 14 ans ne peuvent pas passer plus de 40 minutes par jour sur Douyin (la version chinoise de TikTok), et l'accès est soumis à une vérification d'identité stricte. Ce modèle de contrôle centralisé, avec des exigences d'identification rigoureuses, facilite la vérification de l'âge et l'application des limites de temps. Cependant, il soulève des questions fondamentales sur la vie privée et les libertés individuelles qui sont difficilement transposables dans les démocraties occidentales. Il démontre néanmoins qu'une vérification d'âge rigoureuse est techniquement possible avec une volonté politique suffisante et un cadre légal moins contraignant en matière de collecte de données.

Le Royaume-Uni : Le gouvernement britannique envisage une interdiction des médias sociaux pour les moins de 16 ans si les entreprises technologiques ne renforcent pas leurs mesures de protection. Cette réflexion s'inscrit en réponse à une crise de la santé mentale chez les jeunes et s'accompagne d'un renforcement de l'Online Safety Act (OSA). L'approche du Royaume-Uni est similaire à celle de la France, utilisant la menace d'une interdiction pour inciter les plateformes à agir, ce qui souligne une prise de conscience partagée des liens entre l'utilisation des réseaux sociaux et la santé mentale des jeunes. Cela indique une convergence des préoccupations et des stratégies parmi les pays occidentaux, suggérant que la pression sur les plateformes est une tendance mondiale et que la question de la santé mentale des jeunes est un moteur clé de cette régulation.

L'Allemagne : En Allemagne, la majorité numérique pour le consentement au traitement des données personnelles est fixée à 16 ans. Le pays dispose d'un cadre de protection de la jeunesse impliquant une collaboration entre organismes publics et non gouvernementaux, avec des initiatives concrètes comme le portail FragFINN, qui propose une navigation sécurisée pour les enfants. Ce modèle met en lumière l'importance d'un écosystème de protection plus large, qui va au-delà de la seule législation coercitive pour inclure la sensibilisation et des outils pratiques de navigation sécurisée. Cela souligne l'importance d'une approche multi-acteurs et éducative pour créer un environnement numérique plus sûr.

L'Irlande : En tant que siège européen de nombreuses grandes plateformes numériques, l'Irlande joue un rôle clé dans l'application des réglementations européennes. Un nouveau code de sécurité en ligne y impose aux plateformes d'interdire les contenus préjudiciables, de restreindre l'accès des mineurs aux contenus pour adultes, et de mettre en place des mécanismes de signalement. Le non-respect de ces règles peut entraîner des amendes significatives, comme en témoigne la sanction de Meta par la DPC irlandaise pour violation du RGPD. La capacité de l'Irlande à imposer des amendes substantielles démontre que la pression financière peut être un levier efficace pour forcer les plateformes à se conformer aux exigences de protection des mineurs, même si le défi de la vérification d'âge reste universel

Des points communs se dégagent néanmoins de chacune de ces approches

L'analyse des expériences internationales révèle des leçons cruciales pour les pays qui travaillent à interdire les réseaux sociaux pour les plus jeunes. Il apparaît clairement qu'une interdiction totale des réseaux sociaux pour les mineurs est difficile à mettre en œuvre et à faire respecter, avec un risque élevé de contournement par les adolescents qui chercheront des moyens d'accéder à ces plateformes. Le débat se concentre souvent sur l'efficacité des mesures et la responsabilité des plateformes, avec des critiques récurrentes concernant le manque de détails techniques dans les lois pour une application concrète.

De nombreuses voix s'élèvent pour plaider en faveur d'une approche plus globale et multidimensionnelle. Cette approche inclurait non seulement l'éducation des parents et des enfants aux usages numériques responsables, mais aussi la régulation de l'économie de l'attention des plateformes (qui conçoivent des algorithmes pour maximiser le temps d'écran) et le développement d'alternatives attrayantes aux écrans. La nécessité d'une approche holistique et multidimensionnelle est une observation majeure. Le paysage mondial montre qu'aucune mesure législative unique, en particulier une interdiction générale, n'est une panacée. Les défis liés à l'application technique, au contournement par les utilisateurs et aux conséquences imprévues sont universels. Le thème récurrent est qu'une protection efficace exige plus que de simples interdictions légales ; elle nécessite des solutions techniques robustes pour la vérification de l'âge (qui font encore largement défaut), une modification de la conception des plateformes pour réduire les fonctionnalités addictives, et une éducation numérique complète pour les enfants et les parents.

Et vous ?

La vérification d'âge est-elle soluble en prenant en compte la nécessité de la protection de la vie privée ? Existe-t-il une architecture technique qui permette de contrôler l'âge des utilisateurs sans créer une base de données biométrique ou documentaire potentiellement catastrophique en cas de fuite ?

Jusqu'où fait-on confiance à une plateforme après une violation ? Discord a changé de prestataire après l'incident de 5CA — est-ce suffisant pour regagner la confiance, ou faut-il une certification indépendante et un audit public régulier pour accepter de confier ses documents ?

L'IPO comme moteur de conformité : bonne ou mauvaise nouvelle ? Si c'est la perspective d'entrer en bourse qui pousse Discord à muscler sa politique de protection des mineurs, peut-on s'en satisfaire — ou cela souligne-t-il au contraire l'échec de l'autorégulation des plateformes ?

Faut-il une norme universelle de vérification d'âge imposée par les États, à l'image du RGPD pour la vie privée ? Ou au contraire, déléguer cette responsabilité aux plateformes est-il inévitable ?
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 18/02/2026 à 19:26
Règle de base qu'on apprend et qu'il faut préserver :
- Ne donner jamais votre carte d'identité ou même identité tout court sur Internet.

Plus globalement, je m'interroge sur cette accélération globale et mondiale de la censure et surveillance dans tout les pays "démocratique" du monde ... C'est très suspect.
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Avatar de nirgal76
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 19/02/2026 à 10:34
Les utilisateurs ont là une immense responsabilité.
Celle de quitter immédiatement, en masse, les plateformes qui se livrent à ce genre de pratique.
Stopper, dans le cas de discord tout achat (annuler tous les nitros etc..). Tapper dans le portefeuille.
Il faut sacrifier le confort personnel d'y rester pour dire stop et envoyer des signaux forts.
Mais ils savent que ça ne se fera pas. L'histoire, récente, montre que l'on est prêt à tout accepter.
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Avatar de LucasPatacrepe
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 19/02/2026 à 8:31
Ce qu'on peut craindre de façon réaliste, c'est la normalisation progressive : une fois que les gens acceptent de donner leur pièce d'identité pour accéder à Discord, la barre psychologique pour l'exiger ailleurs s'abaisse.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 24/02/2026 à 18:37
Mais puisque l'on vous dit que les GAFAM & Cie sont les gentils de l'histoire...

Bande de vilains pas beaux qui refusez de comprendre que les GAFAM & Cie le font pour votre bien-être! Mettre en doute une telle réalité... C'est vraiment du complotisme!
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Avatar de Bardaz
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 15:49
L'alternative open source qui compose sera la meilleure.

Je rêve d'un mumble avec le chat de XMPP
- la qualité de son de mumble et sa faible latence en conférence qui met Discord bien loin derrière
- la qualité du chat chiffré de XMPP avec ses salons et surtout son interopérabilité. Oui, oui et avec tout et n'importe quoi! C'est juste fou et peu de gens utilisent cette feature à son plein potentiel (coucou Leagues of Legends) car c'est pas compatible avec un marché captif.

Il manquerait le partage d'écran mais ça c'est souvent ponctuel. Un Jitsi externe fait très bien l'affaire.

Qui veut bien me développer ça, je finance!

Voici l'état des lieux de ce que je connais:

-Matrix, non merci le déploiement est + complexe et très gourmand en ressources en comparaison de Mumble ou XMPP. Je ne sais pas vous mais j'ai tout essayé et Mumble c'est la seule solution où les personnes peuvent s'exprimer malgré des conditions de connexions désastreuses.
-Mattermost même chose le déploiement pose soucis à mon sens, j'ai peut être une mauvaise expérience.
-RocketChat j'ai fait appel à un presta donc aucune idée.

Le reste des alternatives open source me semblent centralisées ou alors pas universelles. Genre Jami super du P2P c'est cool. Comment je fais pour l'utiliser sous une Void par exemple? Ah il me faut Flatpak ou Snap c'est pas sérieux. Je suis obliger d'installer Flatpak juste pour Jami ou le compiler mais là je n'ai aucun manuel pour le compiler et ce n'est pas deployable à large echelle. Une AppImage aurait été beaucoup plus simple.
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Avatar de kain_tn
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 16:42
https://threatroad.substack.com/p/di...ation-defeated

À priori, leur vérification d'âge est aussi nulle que le reste de leur sécurité
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 15/02/2026 à 15:28
De toute façon, la rétention de données importantes doit se faire pour 5 ans la plupart du temps, pour permettre la résolution de litiges le cas échéant. Donc toute annonce de suppression rapide est systématiquement une fumisterie. Soit la plateforme ne les tocke jamais, soit c'est une mine d'or à pirater. Et le fait qu'ils passent par des prestataires sert à reporter le blâme sur une autre société qu'il suffit de changer par une autre tout aussi trouée, jusqu'à la prochaine fuite.
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Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 20/02/2026 à 18:36
TeamSpeak, excellent logiciel avec beaucoup de souvenirs en LAN virtuel sur un matériel qui fait quasi minitel par rapport à ce qui existe maintenant. Déjà avant l'invention d'opus, le son était très bon avec Speex à très bas débit et très faible latence (Speex est similaire à opus à très bas débit). Le serveur était facile à auto-héberger et administrer par un enfant.

De nos jours, quand je suis forcé d'utiliser teams et autres voix sur ip des sociétés de taille gafam, avec des PC, je n'arrive pas à comprendre comment on peut avoir des connections de qualité minables par rapport à teamspeak ...
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 24/02/2026 à 21:04
Des gens avaient vraiment besoin de cette étude pour comprendre que le but est évidement la surveillance.
La différence, c'est qu'en prétextant "les enfants" et que c'est fait par le privé, ça passerait mieux ...
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/02/2026 à 10:33
Avec le recul, nous aurions dû fournir plus de détails sur nos intentions et sur le fonctionnement du processus.
Pas besoin de fournir plus de détails, le dernier des cons a compris qu'il s'agit d'un flicage en règle des utilisateurs sous couvert de la protection des enfants...

PS: Avant l'internet, les gosses s'échangeaient déjà des photos de cul dans les cours d'école: Le support n'était pas le smartphone mais simplement les magazines papiers que papa cachait sous le matelas
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