Le Parlement de l’UE en passe de délaisser Google Search au profit d’un moteur de recherche français ? Des rapports citent Qwant que certains intervenants désignent comme une surcouche de Microsoft BingLe Parlement européen en passe de délaisser Google Search au profit du moteur de recherche français Qwant ? C’est ce que suggère certains rapports tiré d’une communication en interne au sein de l’instance européenne. La manœuvre viserait à promouvoir la souveraineté numérique et à protéger la vie privée des utilisateurs. Le passage à un moteur de recherche français s’appuierait sur des raisons de préservation de la confidentialité des échanges numériques. Cette décision implique toutefois un compromis entre la sécurité des données et la facilité d'utilisation.
Qwant comme moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs du Parlement de l’UE : Quels potentiels avantages ?
Qwant est axé sur le respect de la vie privée ; il ne suit pas les utilisateurs, ne crée pas de profils personnels et ne vend pas l'historique de recherche. Qwant ne dépend pas de Google pour ses résultats de recherche. Ce moteur de recherche français s'appuie principalement sur son propre robot d'indexation et son propre index, complétant parfois les requêtes par des données de recherche provenant de Microsoft Bing (sans partager les données des utilisateurs avec ce dernier). De plus, Qwant s'est associé à la société allemande Ecosia fin 2024 afin de créer un index web entièrement indépendant et détenu par des acteurs européens, dans le but de réduire encore davantage sa dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains.
Le remplacement du géant américain de la technologie Google s'inscrit dans l'objectif plus large de l'UE visant à réduire sa dépendance vis-à-vis des infrastructures numériques étrangères. Le Parlement européen délaisse Google au profit d'un moteur de recherche français pour des raisons de confidentialité. Cette mesure protège les données européennes contre les législations non européennes qui pourraient contraindre les entreprises technologiques à transmettre des données à des autorités étrangères. Le Parlement européen va passer de Google à un moteur de recherche français dans le cadre de ses efforts en faveur de la souveraineté technologique.
Une UE en quête de souveraineté numérique en s'appuyant sur un outil dit français et présenté par certains rapports comme une surcouche de Microsoft Bing ?
Google propose généralement un index de recherche plus complet et une meilleure compréhension contextuelle, ce qui peut parfois rendre les recherches législatives spécialisées ou complexes plus rapides et plus précises.
Contrairement à Google, Qwant ne dispose pas d’un écosystème d’outils profondément intégré (par exemple, Maps, Docs, Drive) sur lequel le personnel parlementaire pourrait s’appuyer parallèlement à ses recherches.
Google détenant une part de marché très bien établie, de nombreux utilisateurs sont profondément habitués à ses fonctionnalités spécifiques, ce qui nécessite un changement de comportement et une éventuelle formation du personnel.
En 2020, Qwant, le moteur de recherche français axé sur le respect de la vie privée, a été présenté par le gouvernement comme l'un des piliers pour atteindre la « souveraineté » technologique, encore inexistante avec la domination des géants américains de la Silicon Valley. Il a bénéficié d'une subvention de plus de 20 millions d'euros de la Caisse des Dépôts pour lui permettre de concurrencer Google. Seulement, des doutes subsistent quant à son indépendance totale des grands acteurs américains comme le souligne Marc Endeweld du site Le Média : « Sur le papier, cela pourrait passer pour une success-story. Mais en réalité, Qwant ne marche pas, ou mal. Ses résultats sont tirés principalement du moteur de recherche Bing, de Microsoft ; ils sont souvent datés, peu fiables, peu pertinents, limités en nombre. C’est le constat tiré par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) dans une note confidentielle datée du mois d'août 2019, que s’est procuré Le Média. »
En 2024, une panne chez Microsoft est venue mettre encore plus au jour les liens existants entre Qwant et les acteurs américains de la recherche en ligne. Si Qwant est présenté comme une alternative à Google, la réalité serait qu’il n’y a pas de réelle indépendance en dépit de l’associaation avec Ecosia en fin 2024. La panne de Microsoft rappelait que, comme plusieurs autres moteurs de recherche alternatifs, ils s’appuient souvent sur Bing via un accès à ses algorithmes sous la forme d’une API. Conséquence immédiate : lorsque Bing a connu une panne mondiale, tous les sites qui se servent de l’API de Bing sont eux aussi tombés en panne. Le possible lien entre Qwant et Bing fera donc partie des aspects à vérifier de près pour ceux pointilleux sur l’aspect de la souveraineté vis-à-vis des technologies américaines.
L'Europe se prépare à un scénario catastrophique dans lequel les États-Unis bloqueraient l'accès à leurs infrastructures numériques
L'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance à l'égard des technologies Internet américaines. Cependant, elle peine à trouver la voie de sa souveraineté numérique malgré les efforts déployés depuis plus d'une décennie. Des services publics et de grands acteurs de son économie reposent encore sur la pile technologique américaine. Cela soulève des préoccupations sur le contrôle des données et la sécurité des informations sensibles. Aujourd’hui, l’Europe se retrouve dos au mur face au risque que les États-Unis utilisent l’accès aux infrastructures numériques fournies par des entreprises américaines comme levier dans des négociations géopolitiques.
Les désaccords entre l'Europe et les États-Unis sur les questions critiques telles que les régimes de contrôles des Big Tech américains ont pris de l'ampleur depuis le retour de Donal Trump à la Maison Blanche. Les États-Unis se montrent plus agressifs en ce qui concerne la défense de leurs entreprises. Alors que les tensions s'intensifient, l'Europe craint plus que jamais de perdre l'accès aux technologies américaines dont elle dépend avant d'être prête.
Le pire scénario pour les décideurs européens ? Un décret de la Maison Blanche qui coupe l'accès de la région aux centres de données, systèmes d’exploitation, moteurs de recherche et logiciels de messagerie électronique dont les entreprises et les gouvernements européens ont besoin pour fonctionner.
Cette dépendance criarde est désormais perçue comme un risque stratégique majeur. « Lorsque vous commencez à avoir ce genre de pensées, même si ce ne sont que des pensées, vous devez vous demander : comment cela fonctionnerait-il ? Pouvez-vous imaginer l'Europe fonctionner sans la technologie américaine ? C'est très difficile à imaginer », déclare Bernard Liautaud, associé gérant de Balderton Capital, une société européenne de capital-risque.
Un rapport du Wall Street Journal indique que des personnes influentes en Europe veulent rompre avec cette dépendance à l'égard des États-Unis. Le rapport cite des responsables et des législateurs européens qui cherchent à aider les entreprises européennes.
Pourquoi l'Europe est-elle si dépendante à l'égard des États-Unis ?
Le découplage potentiel entre les technologies européennes et américaines est un sujet de discussion brûlant parmi les chefs d'entreprise et les décideurs politiques. Beaucoup ont déclaré qu'il s'agirait d'une entreprise complexe compte tenu de l'étendue des technologies américaines utilisées, des puces et services cloud aux modèles d'IA et autres logiciels. Un large pan des services publics et entreprises de l'UE repose sur la technologie américaine.
Les efforts déployés par l'Europe pour échapper à la domination technologique des États-Unis pour des raisons commerciales ou de confidentialité sont un thème récurrent depuis des décennies. En ce qui concerne les causes de nombreux entrepreneurs européens attribuent la situation difficile de l'Europe à une culture peu encline à prendre des risques. D'autres évoquent également le marché fragmenté et les réglementations contraignantes de l'UE.
C'est en grande partie pour cette raison que l'UE tente aujourd'hui d'assouplir certaines de ses règles numériques, même si les progrès ont été lents jusqu'à présent. Dans le même temps, l'UE a adopté la loi sur services numériques (DSA) et la loi sur les marchés numériques (DMA) en 2022.
L'UE risque un blackout en cas d'interruption des services américains
Voici deux incidents résultant de défaillances techniques : l'incident AWS qui a duré plusieurs heures en octobre 2025 et qui a perturbé des milliers de services tels que les applications bancaires à travers le monde ; et l'incident majeur de Cloudflare en décembre a mis hors ligne LinkedIn, Zoom et d'autres plateformes de communication. Une panne provoquée par CrowdStrike en 2024 a mis hors services plus de 8 millions de PC Windows dans le monde.
L'impact d'une panne d'électricité majeure sur les services de cloud computing a également été démontré lorsque l'Espagne, le Portugal et une partie du sud-ouest de la France ont subi une coupure d'électricité massive en avril 2025. Ces incidents donnent une idée des risques auxquels l'Europe est exposée.
Ailleurs en Europe, certains précurseurs prennent des mesures pour renforcer leur souveraineté numérique en se libérant de leur dépendance vis-à-vis des Big Tech, notamment en adoptant des logiciels open source. En France, par exemple, la ville de Lyon a décidé d'abandonner Windows et Microsoft Office pour passer à Linux et OnlyOffice, des alternatives libres et open source pour se défaire de sa dépendance aux technologies américaines.
Dans le nord de l'Allemagne, le gouvernement régional du Land de Schleswig-Holstein a remplacé la plupart de ses systèmes informatiques Microsoft par des alternatives open source, annulant près de 70 % de ses licences. Son objectif est de n'utiliser les services des Big Tech que dans des cas exceptionnels d'ici 2030. On peut citer également les démarches de la municipalité de Munich et de l’État fédéré de Basse-Saxe en Allemagne.
En France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie, les gouvernements investissent à l'échelle nationale et transnationale dans le développement de plateformes et d'outils numériques open source pour la gestion des chats, des vidéos et des documents. En Suède, un système similaire développé localement pour le chat, la vidéo et la collaboration en ligne, fonctionne dans des centres de données nationaux plutôt que dans des clouds étrangers.
Source : Parlement de l'UE
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Que pensez-vous de la dépendance technologique de l'Europe vis-à-vis des États-Unis ?
L'Europe entreprend des actions pour se défaire de cette dépendance. Que pensez-vous de ces initiatives ?
L'Europe peut-elle se défaire de cette dépendance ? Pourquoi n'y arrive-t-elle pas depuis plus d'une décennie ?
Selon vous, quelles sont les pistes de solution que l'Europe peut exploiter pour atteindre la souveraineté technologique ?
L'Europe risque un blackout numérique en cas d'interruption des services américains. Pensez-vous qu'un tel scénario est plausible ? Voir aussi :
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